À Bernay, dans l’Eure, depuis 2022, l’association Les Petites l’Ouches a créé une légumerie et une conserverie pour développer les filières de proximité.
« Tout est parti d’un diagnostic alimentaire réalisé par l’Intercom Bernay Terres de Normandie. Pour développer les circuits courts de l’alimentation, il manquait un maillon local : un outil de transformation de fruits et légumes sur le territoire », explique Delphine Vandermeersch, directrice de l’association. Pour y répondre, Les Petites l’Ouches ont mis en place deux activités complémentaires : une conserverie et une plateforme logistique, pour rapprocher producteurs locaux et consommateurs.
Une conserverie au service des producteurs
Les producteurs confient leurs fruits et légumes à l’association, qui les transforme et les conditionne. « La prestation pour les producteurs représente environ 80 % de notre activité. C’est leur marque qui apparaît sur les bocaux ».
Depuis leur création, Les Petites l’Ouches travaillent avec des producteurs locaux comme Céline Hervieu, de la ferme de Pierrelaye. Cette exploitation familiale, vieille de deux siècles, cultive, entre autres, céréales, lin textile et fruits. « Mon mari s’occupe des grandes cultures et moi du verger et de tout ce qui est administratif », explique cette dernière. La ferme est engagée dans une agriculture biologique et collabore avec l’association bernayenne depuis ses débuts. Les fruits abîmés ou trop petits sont envoyés à la conserverie. « L’hiver, on a pas mal de pommes abîmées ou de petit calibre. Les Petites l’Ouches peuvent les transformer en compote ou en confiture, ça nous permet d’éviter le gaspillage », souligne la productrice.
Le reste de la production est commercialisé sous la marque de l’association. Curry de légumes, sauce tomate ou encore poires au sirop sont à retrouver dans les magasins Biocoop de la région.

Des produits locaux à destination des cantines
L’autre volet de l’association repose sur une plateforme logistique qui met en relation producteurs et cuisines collectives, notamment les restaurants scolaires. Les Petites l’Ouches proposent des légumes frais, déjà épluchés, conditionnés sous vide. « Cela permet de faire gagner du temps aux cuisines collectives », affirme Delphine Vandermeersch.
Depuis 2025, Les Petites l’Ouches portent le programme « Cantines d’excellence » dont l’objectif est d’accompagner les restaurations collectives vers une alimentation bio et locale, tout en maîtrisant les coûts. Le projet est mené avec plusieurs partenaires. La SCIC « Nourrir l’Avenir » intervient pour former les équipes en cuisine tandis que le CPIE « Potager de Beaumesnil » mène des actions de sensibilisation auprès des élèves autour de l’alimentation durable. Le projet s’applique à trois établissements par an, pendant trois ans. « L’objectif est de toucher 2500 élèves ». Pour l’année scolaire 2025-2026, le programme concerne le collège Le Hameau à Bernay, la cuisine centrale de Brionne et la commune de Nassandres-sur-Risle.

L’accompagnement des salariés au cœur du projet
L’association emploie aujourd’hui une trentaine de salariés en phase de transition professionnelle. « C’est un tremplin. Les salariés sont accompagnés dans leurs projets professionnels et peuvent aller en immersion dans des entreprises pendant leur temps de travail, tout en continuant d’être rémunérés », précise la directrice. Une accompagnatrice socioprofessionnelle les aide notamment à construire leur projet. Le réseau de l’association leur sert également à trouver un emploi plus facilement pour la suite.
A l’avenir, l’association souhaite développer de nouveaux débouchés pour les producteurs locaux et veut s’ouvrir à des magasins parisiens. Des travaux doivent également être réalisés cette année afin d’augmenter les capacités de production de la conserverie.
Grégoire Leverrier