Demain, qui nourrira la population normande ?

Publié le 2 juin 2026

Face à l’urgence climatique, comment transformer durablement notre modèle agricole ? C’est le défi de Territoires Fertiles, une plateforme innovante née du rapprochement des applications CRATer et PARCEL. Leur outil, « Diagnostic Flash », permet de dresser le portrait d’une zone géographique à travers plusieurs chiffres clés.

Le diagnostic normand révèle une situation paradoxale. Le risque de précarité alimentaire est assez élevé sur le territoire, alors, qu’en théorie, il a le potentiel de nourrir 175 % de sa population. Les fermes locales ne produisent pas assez de fruits et légumes pour les habitants, si bien que notre nourriture parcourt aujourd’hui en moyenne 1200 km avant d’arriver dans notre assiette. Sur les 1,1 million d’hectares nécessaires pour nourrir la population normande, 85 % sont dédiés à l’élevage. Une réduction de la consommation de viande permettrait de doubler la capacité nourricière tout en diminuant notre impact sur le climat.

Des défis majeurs à l’horizon 2050

En 1988, la région comptait 150 000 agriculteurs. En 2050, ils ne seraient plus que 16 000, selon les projections de Territoires Fertiles. Les causes de ce déclin sont multiples ; des revenus trop faibles au regard de la charge de travail, l’augmentation des coûts (matériel, carburant, engrais, alimentation animale, emprunts), et des prix de vente insuffisants. Ce diagnostic met en lumière une menace croissante : quelle sera demain notre capacité à entretenir les terres et à garantir une production locale ?

Le changement climatique est désormais un facteur central à intégrer dans l’avenir agricole normand. D’ici 2050, les épisodes extrêmes devraient se multiplier ; canicules, tempêtes, inondations. Territoires Fertiles alerte notamment sur le fait que les sécheresses exceptionnelles d’aujourd’hui deviendront la norme d’ici une trentaine d’années. Conséquences directes, les rendements agricoles risquent d’être moins importants et certaines cultures pourraient devenir moins adaptées au territoire.

Pour aller plus loin, chacun peut explorer les données de son territoire sur le site de Territoires Fertiles et consulter pour chaque point les solutions existantes.

Grégoire Leverrier

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Photo : Emmanuel Blivet