Un photojournaliste né pour ce métier

Guy Pichard, 42 ans, est photographe et journaliste indépendant en Normandie. Mardi 29 septembre 2026, il est venu échanger avec les élèves de 5e A du collège Louise Michel, à Alençon, sur son métier.

   « Je voulais montrer aux autres ce que je voyais moi-même. » Guy Pichard a toujours aimé photographier. Il a découvert le métier lors de son stage de 3e. Après son bac, il a passé un CAP photo en deux ans. « On apprend la technique à l’école et après on s’améliore en pratiquant. À 42 ans, on n’est pas le même photographe qu’à 16 ou 25 ans. » Ensuite, il a passé deux années en école de journalisme à l’IPJ (Institut Professionnel des Journalistes) à Paris. « À 21 ans, j’avais ma carte de presse. J’ai commencé à écrire des articles sur les jeux vidéos ; je testais les jeux de Playstation. Mais au bout d’un moment, j’ai eu envie d’écrire sur des sujets qui ont plus de sens. »

Un métier à cent-à-l’heure

   Guy est parti vivre au Brésil pendant quatre ans. Il est devenu correspondant pour le Canard Enchaîné, sous le pseudonyme de « Jérôme Canard ». Il a rencontré des habitants, visité des favelas (bidonvilles) et fait une série de photos sur les gens qui portent des maillots de foot. « J’ai vu beaucoup de violences aussi et des armes. C’est pour ça que je suis rentré en France. C’était dangereux et fatigant ».

Aujourd’hui, Guy travaille sur le thème de l’écologie, le réchauffement climatique, les luttes sociales, la mer et la pêche, pour différents médias : Reporterre, Basta, Politis, Libération, Cultures marines et en Normandie, pour deux médias indépendants : Le Poulpe et Grand Format. « Je suis doué en titres et en blagues depuis que j’ai travaillé pour le Canard Enchaîné ! », ajoute-t-il.  

Dans le métier de photojournaliste, les journées ne se ressemblent pas. « Une journée de travail, c’est très varié, je ne sais pas ce que je vais faire la semaine suivante. Ce week-end, je vais couvrir une manifestation contre les pesticides. J’aimerais aussi écrire un article sur les trains en Normandie : il y a eu trois accidents ces dernières semaines ! »

Un photographe engagé

   Guy a été très marqué par un reportage en Méditerranée, à bord du bateau de l’association SOS Méditerranée, qui vient en aide aux réfugiés en mer. Pendant deux semaines, il a participé au sauvetage de 600 personnes. En 2025, Guy est parti en Ukraine pour témoigner du quotidien des habitants malgré la guerre. « Je me souviens d’un jour au restaurant où tous les téléphones des clients se sont mis à sonner en même temps : c’était leur application qui les alertait d’un bombardement à venir. Tout le monde s’est mis à l’abri. C’est une vie très spéciale. »

Guy aime photographier les manifestations, « car il y a beaucoup d’émotions entre les gens », et les reportages en mer, de jour ou de nuit, avec les pêcheurs. Avec ses photos, il veut sensibiliser les gens à la protection de la nature et au réchauffement climatique, mais aussi au sort des réfugiés. Pour terminer, Guy conseille à ceux qui voudraient devenir photographe, de « prendre des photos tout le temps » et de « réfléchir au message qu’ils veulent faire passer ». Cette rencontre nous a appris comment nous améliorer en photographie ; nous avons été impressionnés et nous repartons motivés.

Alix, Mariam, Noham, Kaël, Anaïs

Les résidences

De quelques jours à plusieurs semaines, les journalistes et photographes de Grand-Format s’immergent dans un établissement scolaire, une médiathèque, une ville... pour y mener des ateliers d’éducation aux médias et un travail journalistique. Avec des jeunes et des moins jeunes, nous construisons ensemble ces éditions spéciales de Grand-Format issues de ces résidences.