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« Je ne suis pas dangereuse. »

Mme Yesilyurt Canan, mère de quatre enfants, a quitté la Turquie pour des raisons diplomatiques. Elle est arrivée en France il y a 3 ans.

« Le regard des autres est compliqué au quotidien car je dois toujours me justifier, ma première année ici fut difficile parce que j’étais seule avec mes enfants et je ne parlais pas français. Auprès des autres, je dois montrer que je ne suis pas dangereuse car généralement les gens pensent que les réfugiés le sont. Malgré cela, je pense avoir de la chance car mes origines ne se voient pas physiquement, l’intégration en France pourrait être plus difficile pour une femme voilée par exemple. Les discriminations sur moi sont peu nombreuses, c’est principalement mon mari qui en est victime ; au travail, il passe très souvent après les Français et il n’arrive pas à s’affirmer. Pour mes plus jeunes enfants, l’adaptation a été moins difficile que pour mes deux adolescents, principalement l’aînée pour qui c’était dramatique. Mises à part les discriminations qu’elle pouvait subir, les changements pendant l’adolescence ont beaucoup affecté son intégration. »

Laurène, Romane et Clara

Les résidences

De quelques jours à plusieurs semaines, les journalistes et photographes de Grand-Format s’immergent dans un établissement scolaire, une médiathèque, une ville... pour y mener des ateliers d’éducation aux médias et un travail journalistique. Avec des jeunes et des moins jeunes, nous construisons ensemble ces éditions spéciales de Grand-Format issues de ces résidences.