Entre spéculation immobilière, prix des matériaux, changement climatique, le logement pèse de plus en plus lourd dans le budget des plus modestes. Plus de 16 millions de Français font face à des difficultés importantes pour trouver un toit. En Normandie, collectivités et associations se mobilisent en faveur d’un habitat digne, décent et accessible pour toutes et tous.
À Dives-sur-Mer, affronter la vague des résidences secondaires

Dans le Calvados, sur la côte Fleurie, la reconversion touristique de Dives-sur-Mer dans les années 90 – et plus récemment le covid – ont fait flamber les prix de l’immobilier. Sur place, élus et employeurs se mobilisent pour garder le maximum d’habitants à l’année, dans cette commune poumon économique du bassin de vie.
À quelques minutes de Port-Guillaume – le quartier de Dives-sur-Mer dédié au tourisme – dans une résidence flambant neuve, l’appartement de Benjamin Bazeille est en plein chantier. Trois pièces, soixante mètres carrés, un grand balcon. Il reste encore du travail au trentenaire : les finitions de sa cuisine, de l’ameublement et de la décoration. Il est déjà soulagé d’avoir trouvé un nouveau chez soi. Ce n’était pas gagné pour ce coordinateur sportif du SU Dives Cabourg, le club de foot local. Jusqu’ici, il était encore hébergé par ses parents, afin de se constituer un apport. Il est maintenant propriétaire, à un prix défiant toute concurrence, grâce au Bail Réel Solidaire (BRS).
Ce nouveau dispositif d’accession sociale à la propriété se développe depuis une dizaine d’années en France. Il consiste à dissocier le foncier (acquis ici par la commune) et le bâti. Les acquéreurs ne sont ainsi pas impactés par la flambée des prix du mètre carré sur la commune, et doivent en contrepartie s’acquitter d’une redevance mensuelle pour l’occupation du terrain. Benjamin a acheté son logement 155 000 €, quasiment deux fois moins que ses voisins qui ne sont pas en BRS. « J’ai une trentaine d’années, je préférais acheter », explique-t-il. De plus, en location à Dives, « je paierais bien plus cher sur un logement comme ça qu’avec le crédit que je paie actuellement ». Ne pas être propriétaire du terrain ne l’inquiète pas particulièrement : « Je pourrai revendre quoi qu’il arrive, et c’est un bail de 99 ans ».


À Dives-sur-Mer, dans cette résidence, ce sont les premiers logements en BRS de la commune qui sortent de terre. D’autres opérations en BRS sont programmées, aussi pour des maisons, toutes défendues avec enthousiasme par le maire, Pierre Mouraret. « C’est vraiment une bonne opération pour des primo-accédants, ils peuvent devenir propriétaires par ce biais-là dès le départ. » Pour des acquisitions classiques, « il n’y a plus que les gens qui ont déjà des moyens financiers qui peuvent acheter, c’est de la folie ! ».
Une commune victime de son succès
En Normandie, la Côte Fleurie – de Sallenelles à Honfleur – est l’endroit où l’immobilier est le plus cher actuellement. Entre les deux stations balnéaires de Cabourg et Houlgate, Dives-sur-Mer a longtemps fait figure d’exception avec son absence de plages et son passé industriel. Pendant un siècle, la vie de la commune s’organisait autour de l’usine sidérurgique Tréfimétaux, jusqu’au choc de sa fermeture en 1986. L’industrie est restée un pilier de l’économie locale et le tourisme s’est développé, avec le creusement de Port-Guillaume (pêche et plaisance). « Aujourd’hui, le problème, c’est qu’on est victime de notre succès », lance l’édile communiste Pierre Mouraret. « La ville est aujourd’hui très attractive », avec des équipements sportifs, culturels et de nombreux services de proximité.


Avec le covid, la tendance s’est accélérée. Fin 2023, le foncier avait augmenté de 45 % en trois ans à peine. Les résidences secondaires (meublés touristiques inclus) approchent de la moitié des logements, et la commune a perdu 600 habitants en 10 ans. Cette dynamique n’est pas propre à Dives-sur-Mer. Emmanuel Porcq, maire LR de la commune voisine Cabourg et notaire de profession, rappelle que lors de la crise sanitaire, le Calvados s’est révélé comme « la troisième terre d’attractivité de France ». « Les gens sont tous venus chercher un carré bleu ou un carré vert ici en Normandie, pour pouvoir respirer et changer d’horizon ». Cependant, contrairement à Cabourg, Dives-sur-Mer ne peut pas vivre que du tourisme. « Le Département, la Communauté de communes… on a tous conscience que Dives doit préserver un habitat à l’année. Il faut qu’elle garde cette vocation à pouvoir donner de l’emploi à l’ensemble du bassin de vie ».
« Dives-sur-Mer doit garder sa vocation à pouvoir donner de l’emploi à l’ensemble du bassin de vie »
Avec la spéculation immobilière, se loger à Dives est devenu un défi pour les travailleurs les moins aisés. Au restaurant Le Bougnat, institution du centre historique divais, le patron Laurent Bellée se démène actuellement pour chercher un toit à un ancien apprenti. « J’ai trouvé quelqu’un de formidable, je ne vais pas le lâcher. Pour le moment il n’a pas son permis, et le but c’est de gagner sa vie correctement, pas de dépenser sur la route. » Malgré le réseau de connaissances tissé dans la commune depuis longtemps, il n’a toujours trouvé aucune offre convenable. Autre exemple, à la mairie de Dives : celui de Willy Pautasso, stagiaire prochainement embauché par la commune. Ce travailleur handicapé occupe actuellement avec sa femme et son enfant un appartement HLM. À l’étroit dans ce trois pièces de cinquante-sept mètres carrés, il cherche à acheter pour se « créer un patrimoine » et se « projeter dans l’avenir ». Cependant, même pour un bail réel solidaire, « les taux des banques sont beaucoup trop élevés ». Il devrait rembourser plus de mille euros par mois, insoutenable dans sa situation.
Un plan d’actions tous azimuts
Pour inverser la tendance de la flambée des prix, la commune a décidé il y a quelques années d’un plan global pour le logement. Pierre Mouraret le résume ainsi : « construire, rénover, réguler, préempter, et fiscalité incitative ». Entre reconversion de terrains municipaux (anciennes serres, école désaffectée) et préemption de terrains disponibles, dix opérations de « construction de la ville sur la ville » sont en cours, avec à chaque fois au moins un quart de logements sociaux, pour « maintenir une mixité de population ». Les biens proposés en BRS font partie de ce quota. La mise en place d’un permis de louer pour les bailleurs privés, d’aides à la rénovation des logements et d’une taxe sur les logements vacants vise par ailleurs à redynamiser le marché locatif. La majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires de 60 % va dans le même sens, et donne également à la commune « les moyens financiers de préempter » les terrains à vendre.

À Dives-sur-Mer, l’équipe municipale reconnaît une prise de conscience trop tardive sur la crise locale du logement. Le lancement du plan d’actions est encore récent, mais les premiers résultats sont là, avec « le ralentissement d’un certain nombre de locations en courte durée ». En revanche concernant la démographie et les effets des constructions, ce ne sera pas « avant deux ou trois ans ». Pierre Mouraret imagine le scénario suivant : « stabiliser dans un premier temps et remonter ensuite ». Son voisin cabourgeais, Emmanuel Porcq, envisage lui une solution plus radicale pour préserver l’équilibre entre tourisme, industrie, habitat et services publics des deux villes les plus peuplées de l’intercommunalité. « La vraie pertinence c’est qu’un jour les deux communes fusionnent » (ou en tout cas partagent un plan local d’urbanisme). Si jamais cela devait arriver, pour Benjamin, notre locataire en BRS, ça ne changerait pas grand chose, parce que les clubs de foot des deux communes ont fusionné il y a dix ans déjà.
La semaine prochaine, le deuxième épisode de la série vous emmènera dans une pension de famille à Cherbourg, un lieu refuge pour des personnes précaires et exclues.
La maison Julie Postel, du sur-mesure pour les plus démunis
Publié le 10 septembre 2026
Des logements individuels à prix modique, des espaces communs de convivialité et un accompagnement au quotidien. C’est le cadre de la pension de famille Julie Postel, gérée par Habitat et Humanisme Manche à Cherbourg, à destination des personnes précaires et exclues.
À Cherbourg, dans le tranquille quartier de la Bucaille, se niche une maison où des militants associatifs hébergent et tentent de réparer celles et ceux dont la vie était brisée. Dix-neuf logements sont proposés, autour d’une belle cour intérieure avec ses fleurs, son potager et son terrain de pétanque. Les résidents peuvent également se retrouver dans la véranda, la cuisine ou encore la laverie.
« On fait de la haute-couture »
Michel Tréhard, président d’Habitat et Humanisme Manche
Nous sommes dans la pension de famille Julie Postel, gérée par Habitat et Humanisme Manche. Le président Michel Tréhard résume l’action menée ici par son association par une métaphore vestimentaire. « Presqu’île Habitat, grand office HLM du Cotentin, gère 8 000 logements : ils font du prêt à porter. Habitat et Humanisme Manche, avec nos 50 logements, on fait de la haute-couture. Le problème de la population que nous accueillons ici n’est pas seulement le logement, c’est aussi l’accompagnement. » Parce que les personnes qui atterrissent ici ont toutes un parcours chaotique émaillé de précarité, de violences ou d’addictions.
Sécurité et bienveillance
À l’étage, la pimpante Lucie ouvre fièrement la porte de son appartement fraîchement nettoyé. « Limite on peut manger par terre. Avant… on ne pouvait pas ! » La trentenaire est arrivée à Postel il y a deux ans. À la suite d’un événement traumatique, elle ne se lavait plus, ne s’alimentait plus correctement, n’était plus capable de gérer son logement en autonomie. Quelques portes plus loin, Jérôme vient de quitter sa couette. Voix douce et regard fatigué à bientôt cinquante ans, il évoque un passé de trafic de drogues, d’années de prison, et de ruptures familiales. Après cinq années ici, il « consomme beaucoup moins de produits » et se sent désormais « en sécurité ».

Jérôme a un souvenir qui illustre l’accompagnement unique dont bénéficient les résidents ici. Celui du voyage en Bretagne pour se recueillir sur la tombe de son fils décédé il y a quelques années : « Ils ne m’ont pas demandé de payer d’essence. Ils m’ont emmené, ramené, payé le restaurant. Une structure comme ici, je n’en ai jamais vu ! » Lucie, elle, est encore marquée par son arrivée à la pension de famille, avec une fête pour son anniversaire, qu’elle n’avait jamais vraiment célébré auparavant : « C’était un chouette moment. Mais je n’y croyais pas sur le coup, parce que je ne connaissais personne. »

Au quotidien aussi, l’équipe d’Habitat et Humanisme est présente pour les résidents de la maison Julie Postel, notamment concernant leurs soins médicaux. « Pour eux, prendre un rendez-vous, s’en rappeler, y aller, comprendre les propos du médecin… c’est une aventure ! », décrit Michel. L’accompagnement passe aussi par les guider dans ces démarches. Un rôle dévolu d’abord aux plus de 70 bénévoles, pour beaucoup retraités, aux compétences variées (gestion, communication, bricolage, jardinage…).
Un sourire, c’est gagné
L’association compte également cinq salariés : un directeur, trois travailleuses sociales et aussi une « maman » : Clarice, 54 ans. « On a une animatrice de vie sociale qui fait office de figure maternelle », explique le directeur Radouane Oufkir. « Dans l’après-midi et en soirée, son rôle est de les stimuler : cuisiner avec eux, faire des jeux, visiter les logements ». Au total, ce sont environ 250 animations et 300 accompagnements médicaux qui sont proposés par an. Et même pour aller faire les courses, il s’agit avant tout de « prétexte à des moments de sympathie », précise Radouane.


Tous les mardis midi, pensionnaires, bénévoles et salariés déjeunent ensemble. Aujourd’hui au menu, poisson blanc et gratin dauphinois. Tout le monde participe à la cuisine, au service et à la vaisselle. Autour de la grande table de la véranda, il y a Irène, la doyenne, ancienne professeure d’allemand ; ou encore Stéphane, logé dans un à appartement du « diffus » quelques rues plus loin. D’autres ont préféré profiter du soleil dans la cour : Grégory, ex militaire et grand ami de Jérôme ; le grand et volubile Patrick ; la benjamine à fleur de peau Valentine… Pendant une heure, tout paraît si léger.

« À partir du moment où, dans la journée, il y a un sourire, il y a quelque chose de gagné », assure Radouane, le directeur. Les pensions de famille ne sont en effet pas des hébergements limités dans le temps. À Julie Postel, certains résidents sont là depuis plus de dix ans. Radouane explique cependant « travailler avec eux à une réinsertion quand c’est possible ». Fadila, Marion, Bruno… il cite plusieurs anciens pensionnaires désormais locataires autonomes chez un bailleur social. Pour d’autres, l’objectif se porte d’abord sur une « autonomisation des petites tâches » (tenir un appartement, une hygiène corporelle).
Prendre le temps, c’est aussi ne pas avoir beaucoup de turnover. Les quatre appartements d’Habitat et Humanisme dans le « diffus » permettent de libérer des places à Postel. Mais lors des deux à trois commissions d’admission par an, il y a à chaque fois une dizaine de candidats par logement. La préfecture de la Manche travaille déjà avec l’association sur l’ouverture d’une nouvelle pension de famille pour 2029 à Avranches. Avec un financement fixé à 19,5 euros par place et par jour, et des bénévoles qui n’ont pas le don d’ubiquité, il reste encore à définir les meilleurs modalités d’accompagnement.
La semaine prochaine, le troisième et dernier épisode de la série ira à la rencontre d’une Ornaise, à qui la rénovation énergétique d’une vieille maison a permis de retrouver un nouveau logement malgré des moyens limités.
En finir avec les bouilloires et les passoires (thermiques), mode d'emploi
Publié le 23 septembre 2026
En Normandie, des centaines de ménages modestes sortent chaque année de la précarité énergétique grâce à la rénovation de leur logement. Rencontre avec une Ornaise, qui a passé l’été au frais grâce aux aides à l’amélioration de l’habitat.
En passant le portail de Stéphanie Havas et en observant la façade défraîchie de sa maison, peu de choses laissent deviner qu’elle a bénéficié d’une rénovation énergétique de fond en combles, si ce n’est des fenêtres flambant neuves. Pourtant, tout sourire, la cinquantenaire l’assure : après plus de deux ans de travaux, le dernier artisan est passé en juin. Le résultat ? « C’est génial ! » Moins de 500 euros de chauffage sur son premier hiver, et des températures qui n’ont pas dépassé les 27 degrés chez elle lors des fortes chaleurs de cet été.


Pour Stéphanie, ce projet a commencé il y a quatre ans, après une séparation. « J’avais besoin de retrouver une maison équivalente à ce que j’avais avant, parce que j’ai trois enfants. Mais un petit budget. » Dans une petite rue de Saint-Léger-sur-Sarthe (sud de l’Orne), à cinq minutes à pied de son travail, elle « tombe amoureuse » d’une maison à vendre 69 000 euros. Elle ne se rend pas tout de suite compte de la somme de travaux nécessaires. « Je savais que c’était de la rénovation, mais je ne pensais pas que ça allait être pire que ce que j’imaginais ».
Zéro isolation
Lors de l’estimation des travaux, la nouvelle propriétaire a quelques surprises. « La pauvre dame qui vivait là avant, on voyait les parpaings sous son évier. Il y avait zéro isolation. » La maison était classée G au niveau énergétique, le plus bas niveau de l’échelle. Employée de la communauté de communes de la Vallée de la Haute-Sarthe, Stéphanie sait qu’une Opération programmée d’amélioration de l’habitat (Opah) est en cours dans sa collectivité, et qu’elle peut bénéficier d’aides pour sa rénovation. Elle prend donc rendez-vous avec l’association Soliha Territoires en Normandie, qui tient une permanence dans le cadre de l’Opah.

En Normandie, Soliha œuvre depuis une cinquantaine d’années dans le cadre de l’amélioration de l’habitat, à destination des plus modestes. Aujourd’hui, plus de la moitié des dossiers traités concernent les économies d’énergie. Hervé Girard, directeur de l’association, résume cet accompagnement, en tant qu’organisme agréé par l’État pour aider à éradiquer les passoires thermiques. « Notre intervention, c’est d’aider les personnes qui ont un problème, pour avoir un avis sur le plan technique et sur le plan financier. »

Soliha ne fait pas de démarchage, mais se positionne comme tiers de confiance avec une visite à domicile, des conseils sur le choix des artisans (forcément labellisés RGE), et une vérification des devis. Forte de ces préconisations, Stéphanie choisit de s’orienter vers une rénovation Bâtiment Basse Consommation (BBC). Soit le plus haut niveau de performance énergétique, avec notamment des travaux d’étanchéité à l’air. Le moyen pour la mère de famille de maximiser économies et aides pour ses travaux.
Son projet, en mieux
Le choix de l’efficacité, mais pas de la simplicité. Thierry Renault, rénovateur BBC (conventionné par la Région), et artisan sur le chantier de Stéphanie, liste les difficultés : « Avec une cave, des combles sous charpente, une extension moderne… il fallait arriver à bien marier étanchéité et isolation. » Visiter la maison rénovée de Stéphanie c’est donc découvrir une large palette de techniques de rénovation. Isolation vers l’intérieur ou l’extérieur suivant les murs, laine de roche ou laine de bois selon les besoins, membrane étanche et colle à membrane.


Le plus long a été d’atteindre le seuil d’étanchéité exigé pour être labellisé BBC ; il a fallu presque un an de tests et de retouches. À ajouter à la longue liste aussi : la pompe à chaleur pour la source d’énergie durable, et la VMC pour laisser respirer une maison devenue presque hermétique. Au total, cette rénovation a coûté à Stéphanie 50 000 euros, auxquels il faut ajouter les 65 000 euros d’aides de l’État, de la Région et de sa collectivité. Grâce à ce soutien financier, elle a pu concrétiser son projet, « en mieux ».
« Les personnes achètent des biens qu’elles n’auraient pas considérés il y a une quinzaine d’années, parce que les travaux étaient trop conséquents.
Hervé Girard, directeur de Soliha Territoires en Normandie
L’alternative pour Stéphanie aurait été de rester en location, dans un appartement plus petit, au lieu de cette solution économique et écologique. Elle n’est pas la seule dans ce cas de figure, explique Hervé Girard : « Les personnes achètent des biens qu’elles n’auraient pas considérés il y a une quinzaine d’années, parce que les travaux étaient trop conséquents. Ils ne viennent pas nous voir pour obtenir plus de subventions, ils ne peuvent simplement acheter que ça. » En Normandie, 60 % des ménages accompagnés sont ainsi très modestes (moins de 17 000 euros de revenu pour une personne seule). Et une rénovation énergétique leur permet en moyenne de gagner trois classes au DPE.
Coup de frein
Depuis le lancement par l’Etat de MaPrimeRénov’ en 2020, et les aides complémentaires des collectivités, « on était sur une dynamique forte sur les travaux d’économies d’énergie », analyse Hervé Girard. Mais depuis deux ans, « la remise en cause de MaPrimeRénov’ » – stop and go, atténuation du montant maximum – a entraîné « un coup de frein sur un bon nombre de dossiers ». Une « rupture de confiance s’est opérée », et impacte par ricochet la filière de la rénovation. « On est très inquiets sur les décisions politiques à ce sujet, à l’approche des élections », assure Thierry Renault, également président du Club Normand des Rénovateurs BBC.

Loin de céder à la morosité, Stéphanie s’est déjà lancée dans un nouveau chantier de rénovation au domicile de son compagnon dans le Loir-et-Cher. Et elle encourage les Normands à ne pas hésiter à solliciter les aides (jusqu’à 11 000 euros de la Région pour la rénovation BBC). Elle estime en effet que l’aspect administratif n’est pas « le plus pénible ». C’est d’autant plus pertinent d’en profiter que chez nous aussi, les passoires thermiques deviennent des bouilloires thermiques l’été. Pour ça aussi, la rénovation est une solution.

