Régionales 2021 : la course est lancée

Publié le 7 mai 2021
This picture shows a mock up box of Camembert cheese to promote French Senator of the Orne department and member of Union of Democrats and Independents (UDI-UC) group Nathalie Goulet's campaign in the upcoming regional elections, at the Luxembourg Palace in Paris on January 13, 2021. (Photo by Véronique MARTINACHE / AFP)

Les élections régionales se tiendront les 20 et 27 juin 2021. Sept candidats briguent la présidence de la Normandie. Petit tour d’horizon.

Hervé Morin est le président sortant centriste. Élu en 2015 à la tête du Conseil régional de Normandie avec moins de 5 000 voix d’avance face au candidat socialiste Nicolas Mayer-Rosssignol, il avait annoncé dès 2017 qu’il serait candidat à sa réélection. Ancien député de l’Eure et ancien ministre de la Défense de François Fillon (2007-2010), il part avec une petite avance dans les sondages. Alors que ses adversaires n’ont que peu l’occasion de se montrer, sans salons, évènements ou manifestations, Hervé Morin occupe ses journées en visitant les entreprises que son exécutif a aidées. Ce qui agace particulièrement l’autre candidate centriste à la présidence de la Région, la sénatrice de l’Orne Nathalie Goulet, tête de liste pour l’Union des démocrates et indépendants (UDI), qui demande le report des élections en septembre. Pour elle, les conditions liées à la crise sanitaire ne permettent pas de faire campagne de manière équitable. Nathalie Goulet ne manque pourtant pas d’idées pour booster sa notoriété : un bureau ambulant, un minibus de campagne et même un camembert à son effigie ! Créditée de 2,5% dans les sondages, elle a finalement jeté l’éponge le 11 mai dernier.

Puy du Fou normand vs D-Day Land

Eurodéputé RN, fidèle de Marine Le Pen, Nicolas Bay tentera pour la troisième fois consécutive de prendre la tête de la Région. Conseiller régional depuis 2010, où il préside un groupe de 18 élus RN (19 jusqu’à la suspension de Robert Retout en janvier dernier, mis en examen pour viols sur mineur), il est crédité dans les derniers sondages de 24 % des intentions de vote, derrière le président sortant. Ces dix dernières années, le RN a gagné des points en Normandie : 14 % aux régionales 2010, 27 % en 2015, 26 % aux Européennes en 2019. Nicolas Bay dénonce à tout va le fiasco des trains régionaux d’Hervé Morin, milite pour une police régionale dans les transports, réclame un moratoire sur l’éolien (« une mode qui est en train de passer ») et un deuxième EPR en Normandie. Il rêve aussi d’un Puy du Fou normand, qui retracerait l’épopée de la Normandie. Un peu comme le D-Day Land, ce grand parc autour de la seconde guerre mondiale, voulu par Hervé Morin, mais avec les Chouans.

Laurent Bonnaterre, maire de Caudebec-Lès-Elbeuf, en Seine-Maritime, est candidat sans étiquette, mais investi par la majorité présidentielle. Ex-socialiste, proche d’Edouard Philippe, il veut porter la promesse de LREM, celle du renouvellement de la classe politique : « On a besoin d’aller chercher les talents là où ils sont, à droite comme à gauche« . Promesse tenue. Sa liste est soutenue par le député LREM Stéphane Travert, ex-ministre de l’agriculture d’Edouard Philippe, qui lui n’est pas candidat. On y trouve d’anciens soutiens à Hervé Morin : l’eurodéputée LREM Stéphanie Yon-Courtin, tête de liste dans le Calvados, ex-LR, et les deux têtes de listes de l’Orne (Ludovic Assier) et de l’Eure (François Ouzilleau), anciens conseillers régionaux aux côtés d’Hervé Morin. Y figure aussi Grégoire Fraty, cet habitant d’Epron tiré au sort pour participer à la Convention citoyenne sur le climat. Interrogé par Grand Format en décembre dernier, il avait parlé de son désir de s’engager en politique. Il a trouvé son écurie.

Pas d’union sacrée à gauche

L’union sacrée de la gauche n’a pas (encore) eu lieu en Normandie. Communistes, socialistes et écologistes partent divisés au premier tour. Les premiers sont emmenés par le député communiste Sébastien Jumel, ancien maire de Dieppe (Seine-Maritime). Son autoproclamation comme tête de liste du grand rassemblement avait été diversement appréciée. Lui n’a pas dérogé et a rallié les Insoumis. Mais pas Lutte ouvrière qui présente Pascal Le Manach, candidat malheureux en 2015. « La plupart du temps nous ne sommes pas élus, prédit le syndicaliste. Mais ce n’est pas le problème. On continuera de porter l’expression du monde du travail ».

Socialistes et écologistes partent ensemble avec à leur tête Mélanie Boulanger, maire de Canteleu, désignée chef de file par l’état major du PS et Laëtitia Sanchez, maire EELV de Saint-Pierre du Vauvray, actuelle présidente du groupe (des quatre) écologistes au conseil régional. Le petit parti radical de gauche n’a pas apprécié le choix des appareils politiques et a rejoint le communisteSébastien Jumel. « Cette décision (d’une candidature PS) risque d’avoir de graves conséquences sur les élections », prévient le PCF. Et sur le score de son candidat.

Le dernier sondage en date du 21 avril commandé par la liste de la majorité présidentielle donne toujours le même duo en tête au premier tour : Hervé Morin à 27 % devant Nicolas Bay (24 %). Laurent Bonnaterre arrive troisième à 18 % devant Mélanie Boulanger (17 %) pour le PS et les écologistes. Sébastien Jumel est à 8 %.

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