Juillet 2020

Mini-maisons

Angèle Hiverlet (texte), Emmanuel Blivet (photographie)

Une tiny à construire soi-même

Dix-neuf mètres carrés pour se loger : une utopie ? Pour des raisons écologiques, économiques et solidaires, certains font le choix de construire ou de vivre dans des mini-maisons. Bienvenue dans l’univers des « tiny houses »

Janvier 2017. Il nous faut une remorque pour commencer à bâtir notre « tiny house ». Littéralement, il s’agit d’une « minuscule maison » sur roues, un concept créé aux États-Unis suite à la crise économique de 2007. Une mini-maison pour pouvoir se déplacer ponctuellement ou au long court, et pour s’engager dans une vie minimaliste et plus simple, en réduisant son espace.

En juin 2016, Nathanaël et moi sommes à un déjeuner chez mes parents, mon frère aîné est là. Il revient d’un voyage itinérant de 9 mois en Asie et il a déjà la bougeotte. Il nous parle d’un concept qu’il vient de découvrir dans un reportage : les « tiny house » ! C’est un mini habitat nomade… Lui qui rêve de randonnées, de grands espaces, de nature… il est un peu frustré de son retour à la vie parisienne, et nous montre une vidéo.

Pouvoir voyager en étant autonome… ne serait-ce qu’aller chez des amis vivant dans des logements trop petits pour nous recevoir à cinq.

Nathanaël, mon conjoint, connaît déjà les tiny house. Menuisier, il rêve de construire sa maison. Depuis presque un an, l’entreprise dans laquelle il travaillait a fait faillite. Il travaille de petits travaux de rénovation pour des particuliers et l’idée germe de créer une entreprise. Il choisit pour cela de s’associer avec un ami électricien, et de rejoindre une coopérative d’activité et d’emploi spécialisée dans le bâtiment. Il prend donc le statut d’entrepreneur salarié.

Moi, Angèle, après un parcours en cabinet conseil comme consultante handicap, et la venue de notre troisième enfant, je choisis de prendre un congé parental. Avec l’arrivée des enfants, notre désir de découverte de la France et du monde sans avion, et notre budget restreint, nous commençons à réfléchir à l’achat d’une caravane… Je scrute régulièrement les annonces du Bon coin. Mais quand je découvre ce concept de tiny house, je suis conquise par l’idée ! Pouvoir voyager en étant autonome… ne serait-ce qu’aller chez des amis vivant dans des logements trop petits pour nous recevoir à cinq…

Une envie de liberté et de voyage

Encore faut-il la concevoir et l’auto-construire. Avant toute chose, et pour me rassurer, nous partons quelques jours en Bretagne, dans une tiny toute neuve, avec de grands espaces de salle de bain et de cuisine. Le canapé sert de lit, au-dessus duquel se trouve un lit superposé. On y trouve également une mezzanine parentale. Le tout est prévu pour trois ou quatre personnes… Qu’à cela ne tienne, nous souhaitons vraiment tester cet habitat minimaliste !

Notre deuxième fille est tombée du lit superposé (à la suite de son doudou), les enfants étaient surexcités, et nous n’avons pas très bien dormi… Bref, ce ne fut pas vraiment un week-end de rêve. Pourtant, nous sommes repartis avec la conviction que nous souhaitions auto-construire notre tiny house, adaptée à nos besoins. Il nous faut :

– Une chambre séparée de l’espace de vie pour les enfants. Car se retrouver à 20 h dehors sur un transat puis dans la voiture et enfin couchés avec une minuscule lumière pour lire… n’a pas été notre expérience favorite.

– Un grand espace comme la salle de vie (grand à l’échelle d’une surface totale de 19 m², mezzanine comprise).

– Le minimum pour la salle de bain : bac de douche et toilettes sèches. L’évier servira aussi de lavabo.

– Une cuisine optimisée, mais néanmoins confortable pour cuisiner car nous sommes gourmands et gourmets.

– Une mezzanine pour nous, les parents, qui laisse de la hauteur de plafond au-dessus de l’espace de vie.

Notre transition se fait au fur et à mesure, non sans interroger notre entourage.

Ce projet et le questionnement sur nos besoins nous ont amenés à croiser le chemin du minimalisme et de l’écologie pour trouver des solutions afin d’allier respect de l’environnement et vie à cinq. C’est ainsi qu’à la suite de beaucoup de lectures, sur des groupes facebook notamment, nous avons initié une transition écologique via le zéro déchet. De la recherche de matériaux écologiques, économiques et locaux, à la réflexion sur les eaux grises (avec le plus de produits naturels possibles), en passant par les toilettes sèches et la nécessité d’accès à un composteur, notre transition se fait au fur et à mesure – non sans interroger notre entourage.

Nous commençons à parler de notre projet fou. Nos amis trouvent ça génial Nos familles ne nous comprennent pas trop. Nous sommes locataires et nous faisons le choix de construire une tiny house pour un usage vacancier, de loisirs… en somme, une maison secondaire. Notre choix en étonne plus d’un, surtout quand on expose le rêve ultime : quitter notre maison et partir sur les routes de France en famille pour découvrir notre beau pays. Cela fait peur, donne un sentiment d’insécurité notamment à l’égard de nos enfants.

La construction

Octobre 2016. Au mariage d’amis, nous évoquons notre projet de construction. Plusieurs invités sont emballés. « On viendrait bien vous aider pendant un week-end. » Ce sera début mars 2017. D’ici là, il faut trouver la remorque, finaliser les plans, calculer le poids estimé, la quantité de bois, choisir les fenêtres et les autres matériaux nécessaires. Pour arriver à un budget approximatif de 20 000 euros.

Ça y est, nous sommes dans le cœur du projet. Des amis nous ont proposé de construire la tiny dans leur « jardin » de 3 000 m². Le bois arrive aussi dans les temps, ainsi que nos amis, pour le week-end de lancement où nous montons l’ossature des murs de notre mini maison. C’est un moment d’excitation et de joie intense, partagé avec les enfants qui sont très heureux de participer à leur mesure au chantier ! Ils ont respectivement presque quatre ans, deux ans et onze mois.

Les « tiny houses », des États-Unis à la Normandie

Entre romantisation et esthétisation du dépouillement (cf « Ça peut toujours servir », de G. Faure, ou cet article du Monde Diplomatique), et aspiration sincère à des modes de vie mieux intégrés à leurs milieux, le mouvement Tiny suscite curiosité et critiques, espoirs et engouement. Il puise dans des formes architecturales pré-existantes (yourte, roulotte, tente, refuge), entre autoconstruction « do it yourself », savoir-faire de la charpente-menuiserie, et standardisation.

Les qualités écologiques de ce micro-habitat sont multiples, en théorie : sans fondation, pas d’artificialisation des sols ; faible emprise au sol car faible superficie ; installation quasi-systématique de toilettes sèches ; matériaux souvent plus qualitatifs car surface moins grande, donc réorientation du budget possible vers des matériaux locaux, écologiques ou de réemploi ; petits espaces appelant une réduction de la consommation (de biens, de chauffage, d’eau si l’on n’est pas raccordé) ; possibilité de maintenir un habitat au moins temporaire dans des espaces fortement exposés au changement climatique (littoraux, zones humides) sans les artificialiser (sous réserve que la législation aille dans cette direction), aussi pour du travail saisonnier.

En 2007, l’étasunien Jay Shafer a popularisé ces mini-maisons aux Etats-Unis : lui qui a grandi dans une maison de trois cent soixante-dix mètres carrés vit alors dans neuf mètres carrés ! Il lance une entreprise de construction de petites maisons, dont les prix ne dépassent pas 30 000 euros (source). Quelques années plus tard, ces mini-maisons sont utilisées dans des programmes d’aide aux sans-abris. Quant à Jay Shafer, marié et père de deux enfants, il a finalement déménagé dans une maison de 46 mètres carrés.

En France, les premiers constructeurs professionnels de Tiny Houses étaient normands, manchots même ! Bruno Thiéry et Michaël Desloges ont fondé « La Tiny House » en 2005 dans la région d’Avranches. Ils ont d’ailleurs collaboré avec Yvan Saint Jours – autre influenceur du mouvement, à l’échelle hexagonale cette fois – en 2013. Parmi les blogs vidéos qui influencent le mouvement, on peut citer le francophone « Tiny House Livingston » (France), et l’anglophone « Living Big in a Tiny House » (Nouvelle-Zélande).

Sandra Eno

Le contreventement est un système statique destiné à assurer la stabilité globale d’un ouvrage vis-à-vis des effets horizontaux issus des éventuelles actions sur celui-ci (par exemple : vent, séisme, choc, freinage, etc.)

À partir de là, tout va très vite, les murs sont montés, contre-ventés, en quelques jours d’autant que le soleil est de notre côté. Nous arrivons en quelques semaines à avoir une maison hors d’eau – hors d’air ! Une fois le tout au sec, je peux m’atteler à l’isolation du plancher en étoupe de lin. C’est une matière très économique et ultra locale. 100 kg = 96 euros = l’isolation de 80% de la tiny house.

Le seul bémol, c’est qu’il faut la carder, c’est-à-dire l’aérer, car c’est l’air contenu dans le matériau qui le rend isolant. Et c’est très long de carder à la main ! Pendant ce temps, Nathanaël, qui a récupéré des planches de chêne déclassé comme bois de chauffage, s’attelle à les transformer en plancher en chêne massif. Une fois celui-ci posé, nous posons les fenêtres et nous reprenons l’isolation des murs. Des amis et la famille de passage viennent nous aider, ce qui nous donne du baume au cœur et des bras à l’ouvrage ! En parallèle, nous commençons à poser le bardage extérieur.

Une fois l’isolation en étoupe finie, nous posons la fibre de bois au plafond. Cette étape laisse place à l’électricité et au parement intérieur. Nous sommes en juillet 2017. La rapidité de la construction nous grise. Fin août, la répartition des pièces est finie, les cloisons sont posées : la salle de bain avec le bac à douche, le triple lit superposé pour les enfants, enfin la porte d’entrée en chêne massif est installée. Nathanaël a aussi eu le temps de repasser son code et a obtenu le permis remorque (BE), indispensable pour tracter plus de 3,5 tonnes.

Reste le plus long : les réglages électriques, l’installation de la cuisine, la gestion des outils non professionnels qui tombent en panne à cause d’un usage intensif, l’hiver et la pluie, les infiltrations d’eau au niveau de la porte d’entrée…

Nous reprenons vraiment le chemin de la tiny au printemps, en espérant partir en vacances l’été 2018 avec notre maison roulante…

Quelques semaines avant le départ, s’enchaînent les finitions :

– couture des rideaux (je suis alors débutante mais avec ma mère et une de ses amies, nous avons réussi à mener à bien le projet),

– ponçage et huile sur le plancher, table et plan de travail,

– création des toilettes sèches, du lit (et les achats en chinant différents matelas)…

Le grand départ

La surface moyenne d’une tiny house pour pouvoir rouler sans permis poids lourd et être posée sans permis de construire se situe entre 10 et 19 m², et ne doit pas dépasser 3.5 tonnes.

Fin juin 2018 à quelques jours du départ en vacances, alors que les enfants sont chez les grands-parents, nous goûtons la joie de dormir pour la première fois là-bas… Quelle euphorie ! Quel sentiment d’accomplissement… et en même temps, de nouvelles questions nous taraudent. Est-ce que nous serons dans les clous pour le poids ? Nous ne devons pas dépasser 3,5 tonnes. La sortie du terrain sera-t-elle aussi facile qu’espérée ? Que pouvons-nous retirer pour réduire son poids ? La gazinière ? Nous avons peu de marge de manœuvre car tout est conçu et réalisé en s’imbriquant.

Après les dernières nuits agitées, nous y voilà ! « Baptême du feu » : sortie, pesée, départ en vacances, tout cela se fait dans la matinée du 16 juillet. Des amis nous aident à faciliter cette sortie… qui se fait sans encombre. La pesée est effectuée chez le producteur d’étoupe de lin… Verdict : 3,350 T. Sauts de joie et soulagement intense ! Nous voilà parés – mais pas très fiers car nous prenons quand même beaucoup de place avec notre convoi camion + tiny ! Direction la Mayenne où nous rejoignons l’écolieu Les loups pour quinze jours. La rencontre s’est faite grâce à la carte « je prête un bout de chez moi ». Rentrer la tiny sur le terrain se fait avec beaucoup de manœuvre et d’excitation chez les enfants.

La première nuit, nous sommes encore grisés par toutes ces émotions. Et inquiets : notre installation se trouve en bordure d’un ravin. Les enfants se réveillent, ont dû mal à s’habituer aux bruits de la maison. Puis tout s’apaise.

Trois ans plus tard, nous avons acheté un terrain en zone naturelle, où installer la tiny qui est restée sur le parking du lotissement. Nous souhaitons aller nous y ressourcer, développer un potager un peu plus grand que ce que permet notre jardin actuel. Nous n’avons pas encore parcouru la France, mais nous avons touché du doigt notre rêve : être plus autonome et avoir une petite maison à nous.

Alexandre, lui, avait un autre rêve : quitter la rue. Je vous raconte son histoire la semaine prochaine.

Une tiny pour s'entraider

« Vous savez, dans la rue, il n’y a ni chauffage, ni toilettes.  Et là je suis tellement bien ! » Ainsi commence ma rencontre avec Alexandre, ancien sans domicile fixe, qui habite une tiny house depuis le mois de mars 2020. Alexandre fait partie du projet « Un toit vers l’emploi ». L’idée : aider des personnes qui vivent dans la rue à sortir de la précarité en leur permettant de vivre dans des tiny houses et de retrouver un emploi.

Les tinys de Vincent et Alexandre sont installées à proximité d’une résidence sénior en plein centre de Rouen. Pourtant, c’est au milieu des arbres et des herbes hautes qu’elles sont nichées. « Bienvenue chez moi ! », me lance Alexandre en me faisant visiter sa nouvelle maison. Pour entrer, il faut monter les marches formées par trois palettes. La cuisine s’ouvre à nous avec son plan de travail et ses placards en fin de réalisation. Les livres sont partout chez Alexandre : « Je les avais confiés à un copain. Je les récupère dans les boites à livres de la ville. » Depuis qu’il a du travail, Alexandre recommence à aller dans les librairies pour s’acheter la suite de séries qu’il découvre.

Le mobilier reste simple et va progressivement s’accroître. Au niveau de la mezzanine, son lit est fait de couvertures et d’une couette. Il y a deux petites étagères pour ses vêtements. Cela lui convient… Il y est, chez lui ! Il a même peint les murs en gris à son arrivée, et a installé des bonzaïs qui apportent une touche de verdure à l’intérieur. Il y a quelques mois, Alexandre dormait encore dans la rue.

Des petites maisons pour sortir de la précarité

C’est Franck Renaudin qui est à l’origine de ce projet un peu fou. « Moi, j’ai grandi avec des parents très ouverts sur les autres, pas forcément sur le monde, mais beaucoup sur les autres, extrêmement accueillants, raconte l’initiateur d’un Toit vers l’emploi. J’ai grandi dans une maison ouverte à toute personne en difficultés, des personnes droguées… Cela m’a beaucoup marqué. »

Franck Renaudin choisit de faire une école de commerce. À la sortie, il s’engage « dans des boites archi-classiques » : une banque aux États-Unis, une entreprise industrielle de chaudronnerie. « Mais au bout de quatre ans de cette vie professionnelle, j’ai rejoins ce qui m’attirait depuis tout le temps : la solidarité. J’ai claqué mon boulot pour intégrer une petite ONG en France puis une plus grande, Inter Aide. »

C’est donc avec femme et enfants qu’il part vivre en Haïti cinq ans, puis aux Philippines trois ans. Il accompagne des porteurs de projet en développement rural puis dans les bidonvilles grâce au micro-crédit. Ces expériences le façonnent. À son retour en France, il fonde l’ONG Entrepreneurs du monde dont il sera à la tête jusqu’en 2018.

Son travail a du sens, mais ne lui ôte pas certaines questions qui le titillent de plus en plus. Que dire de son empreinte carbone avec les nombreux voyages internationaux qu’il effectue pour visiter les projets soutenus par l’ONG ? Comment assumer l’éloignement familial, sept à huit fois par an, alors qu’il a de jeunes enfants dont un enfant handicapé ? Que faire de son désir de renouer avec un travail de terrain, ancré dans le local… ? Et enfin, comment rester indifférent au fait que 150 000 personnes vivent dans la rue en France ?

« Comment trouver un travail quand on ne sait pas où l’on va dormir le soir ? »

En janvier 2017, il découvre dans un magazine un reportage sur les tiny house. Porté par Entrepreneurs du monde, le projet « Un toit vers l’emploi » prend forme : grâce à ces petites maisons, il va aider les personnes de la rue à sortir de la précarité en leur permettant d’abord d’avoir un toit, pour ensuite se réinsérer et retrouver un emploi. L’aventure commence par les ateliers de fabrication de meubles, proposés tous les vendredis, en attendant l’arrivée des petites maisons. Alexandre y participe. Il sera le second bénéficiaire d’une des tiny houses pilotes de l’association.

Toilettes sèches, meubles, composteur… La construction du mobilier fait partie du projet : rendre la personne acteur de son installation dans son logement, réaliser des meubles sur mesure et apprendre de nouvelles compétences. « Mettre la main à la patte et avoir la fierté de se dire, c’est moi qui l’ai fait ! », résume Alexandre.

Être en sécurité

Franck connaît la valeur de ce que représente un toit, avoir un chez soi, un endroit où on se sente en sécurité… Il a connu l’insécurité à la fin de sa mission en Haïti en 2004 : « On était en plein coup d’état, embargo, blocus… le tout avec deux petits enfants, c’était humainement riche, on va dire… » Après le terrible séisme de janvier 2010, il a beaucoup œuvré par la suite avec Entrepreneurs du monde à aider à la reconstruction. « C’est un pays où on avait laissé des amis, que je connaissais par cœur pour y avoir développé de nombreux programmes. »

Ce manque de sécurité, Alexandre l’a expérimenté directement pendant plusieurs mois. « La première nuit que j’ai passé dehors, j’ai dormi sous le pont Corneille, à Rouen. J’avais le couteau à portée de la main. Tout le temps que j’ai dormi dans la rue, j’ai très mal dormi. Au moindre bruit ,on sursaute, même pour un sac plastique qui vole à cause du vent. Et même quand je dormais en foyer, nous étions quatre dans une chambre. Et quand tu en as trois qui foutent le bordel… On ne peut pas dire que je me sentais en sécurité. »

« Pour la première fois en six mois, j’ai dormi paisiblement. J’étais chez moi. »

Alors quand Alexandre a reçu la clé de la tiny house – une clé qui ferme la porte d’entrée – le 6 mars dernier, lors de l’inauguration de deux mini-maisons, il a pu relâcher le qui-vive permanent. « C’est monsieur le Maire qui m’a remis la clé. Il ne m’a pas pris de haut, moi un SDF. J’ai eu les larmes aux yeux, raconte Alexandre, encore empli d’émotion. Pour la première fois en six mois, j’ai dormi paisiblement. J’étais chez moi. » Finis les foyers, les cages d’escalier ou les ponts…

Pour le moment, sa tiny n’a ni eau, ni électricité, ni chauffage. « Mais ce n’est pas la priorité quand tu as dormi sous un pont », note Alexandre. En attendant, il peut utiliser les sanitaires de la résidence senior voisine et se laver à l’Ehpad où il travaille comme auxiliaire de vie. En discutant avec ses collègues pendant le confinement, il savoure la chance d’être dans un écrin de verdure et pas dans un appartement où il ne pourrait pas vraiment sortir. « Me retrouver en appartement au 3e étage, sans balcon parce que j’aurais réussi à m’en sortir… Non merci ! Ici je suis le roi du monde ».

Des loyers accessibles et adaptés

La fierté d’avoir un logement, aussi petit soit-il, est aussi corroboré à un retour à un certain statut : celui de locataire. Chacun paie en fonction de ses revenus. « Alexandre et Vincent n’ont pas le même loyer, précise Franck Renaudin. L’un travaille à temps plein, et le second est en chantier d’insertion. Mais demain, si Alex perd son travail et Vincent en trouve un, la situation s’inversera. »

D’ailleurs, ce travail obtenu, c’est une sacrée histoire de rencontres ! En blaguant, les deux hommes sourient en se disant que le projet s’appelle « un toit vers l’emploi », et qu’au final Alexandre aura commencé à travailler avant d’entrer dans la mini-maison!

Alexandre est arrivé dans la rue « par choix », me dit-il. Il a choisi de tout quitter pour ne pas subir une expulsion. « Je ne savais plus comment faire, je ne pouvais plus payer mon loyer, je savais me que ma propriétaire allait faire un avis d’expulsion, chose qui est normale. Je ne voulais pas que les voisins voient les gendarmes, le notaire arriver… Donc je suis parti avant. » Maraudes, accueil de jour, foyer… Malgré sa situation, il s’est efforcé de ne pas s’isoler et de se rendre dans les lieux où il pouvait recevoir de l’aide. C’est avec fierté qu’il me dit avoir toujours veillé à être propre. À la Chaloupe, accueil de jour des SDF, il pouvait avoir un café, un repas le midi, un accès au lavomatique, participer à des activités et bénéficier d’un accompagnement social.

Là-bas, il a refait son CV avec un travailleur social : « Il était impressionné », se souvient Alexandre, qui a été intérimaire, vendeur de jeux vidéos et de peinture, libraire, cariste. « Je ne pouvais pas rester sans travailler. » Tout s’arrête quand Alexandre se retrouve à la rue. Il souffre de ne plus avoir d’activités professionnelles. Un jour, Franck Renaudin vient à l’accueil de jour de la Chaloupe pour présenter son projet. Alexandre est là, enthousiaste, et avec l’espoir de s’en sortir.

« On m’a tendu la main… là c’est moi qui aide. »

Quelques semaines après la rencontre avec Franck et l’attribution de la deuxième tiny pour lui, Alexandre rencontre une dame de la maraude qui distribue des cafés. « Je lui disais que j’avais travaillé avec des personnes handicapées et un jour, au foyer du Cèdre, une animatrice vient me voir en me disant :

– « c’est bien toi Alex ? » Surpris, je réponds « oui ».

« Il y a quelqu’un qui te cherche, t’as discuté avec elle, tu t’es déjà occupé de personnes handicapées. Elle voudrait te revoir et que tu lui donnes ton CV. Un Ehpad cherche un auxiliaire de vie. »

Alexandre est embauché le 24 février à l’Ehpad. Mi-juin, il m’apprend que son CDD s’est transformé en CDI. Il est fier de ce travail : « Je me sens bien. Je n’enrichis pas un actionnaire, j’aide des personnes physiques. On m’a tendu la main… là c’est moi qui aide. »

« Tu m’as sauvé la vie. »

Cette main tendue par Franck et ses tiny houses en construction a marqué un tournant dans la vie d’Alexandre. Assis sur le même banc, Alexandre s’adresse à Franck, la voix chargée d’émotion. « Tu as été mon bon samaritain. Depuis que je t’ai rencontré, les choses positives s’enchaînent. Encore merci… Tu m’as sauvé la vie »

Nous sommes à la fin de la première semaine de déconfinement. Les distances sociales sont de mises. Franck et Alexandre ont beau être situés à plus d’un mètre sur le banc, c’est d’une accolade à bout de bras dont je suis témoin. Le moment en dit long sur l’amitié qui est née de cette rencontre.

Les différents aspects du projet « un toit vers l’emploi »

Aujourd’hui le projet est porté par Entrepreneurs du monde et va se structurer autour de plusieurs entités :

1 / l’association « la case départ » : un lieu d’accueil de jour avec de l’écoute sociale et des ateliers thématiques, notamment ceux de construction du mobilier des futurs « tinystes.»

2/ une SAS pour produire les maisons en série. Ce procédé permet de réduire les coûts de construction. Les deux tiny house pilotes ont été construites par un constructeur breton pour un prix unitaire de 31 000 euros. Deux autres mini-maisons du même constructeur viennent d’être livrées. Ces maisons ont été financées par une campagne de crowdfounding qui a réuni 100 000 euros auxquels s’ajoutent des dons particuliers. L’objectif est d’abaisser les coûts, de créer de l’emploi local, d’obtenir l’agrément Entreprise de Travail Temporaire d’Insertion pour deux ou trois postes et de réduire l’empreinte carbone au maximum. Une réflexion est en cours sur l’autonomie de ces logements : poêle à bois, phyto-épuration, toilettes sèches, composteur, panneaux solaires…

3/ Une troisième entité serait la structure chargée de la location des maisons. Pour cela, un cabinet d’avocats immobiliers accompagne le projet.

Alexandre est aussi devenu bénévole à « Un toit vers l’emploi ». Le 6 mars, dernier, il participait aux côtés de 350 bénévoles et 75 personnes sans-abri à Rouen, à la nuit de la solidarité organisée par l’association. Il s’agissait de recenser le nombre de personnes vivant dans la rue et d’estimer le nombre de tiny houses nécessaires pour loger les personnes désireuses de retrouver un emploi. Aujourd’hui, l’objectif de l’association est de réaliser 30 mini-maisons par an, pour répondre aux besoins et en fonction des terrains disponibles pour accueillir ces mini-maisons. C’est pour le moment la mairie de Rouen qui a prêté le terrain sur lequel sont installées les deux premières tiny.

Les futures maisons se feront sans remorque mais permettront néanmoins la mobilité par un système de pieux réhaussables. Franck Renaudin m’explique : « La mobilité est capitale pour ce programme. Beaucoup d’acteurs nous expliquent que les personnes en situation de rue n’ont pas de mobilité ou très peu. Il y a beaucoup d’opportunités ratées. Nos mini-maisons doivent pouvoir permettre la mobilité… » Et pouvoir aussi s’installer au plus près du lieu de vie initial de la personne.

La tiny house est exploitée dans ce projet comme support de transition, de la rue vers un chez soi assurant une sécurité, indispensable pour se réinsérer socialement et familialement. « J’ai le toit, j’ai le boulot. Maintenant, l’objectif est de retrouver ma fille… », conclut Alexandre.

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Une tiny où vivre en famille

Il faut traverser la campagne, des passages forestiers, de petites départementales aux virages serrés pour parvenir jusqu’à la tiny house de Delphine et Nicolas, entre Caen et Bayeux. J’imagine que l’arrivée de leur mini-maison n’a pas dû passer inaperçue et a dû donner quelques sueurs froides aux conducteurs.

La mini-maison est installée sur une parcelle de 5 000 m2. À proximité, un trampoline, un potager, une mini-serre, et un espace de labyrinthe. « Ici tu as l’entrée, la salle, la cuisine, le bureau et voilà ! », m’indique Delphine en me faisant visiter. Je suis frappée par la luminosité, la couleur jaune des fenêtres, et tous les rangements, notamment des étagères de livres un peu partout. La planche qui constitue le bureau laisse place à un piano encastré sur lequel joueront les enfants durant tout l’entretien. Je suis bluffée par l’ingéniosité avec laquelle chaque chose trouve une place. Au fond de la mini-maison, nous arrivons dans la buanderie / salle de bain composée d’une douche, lavabo, toilettes sèches, chauffe-eau, machine à laver (!) et penderie / colonne de tiroir. Tout est optimisé.

Grimpons à l’étage à l’aide d’un escalier rabattable : cinq marches plus haut, je suis dans un couloir avec une immense fenêtre à ma droite, un sol transparent sous mes pieds et bientôt la chambre parentale sur ma gauche. Au fond se trouve la chambre des enfants en deux niveaux : le premier pour Clémence (sept ans) et le second pour Maxence (quatre ans). Chacun a un espace de jeux, plus ou moins grand, leur permettant d’être vraiment chacun dans leur chambre.

Curieuse, je m’assois sur le lit de Maxence. Un adulte peut aisément s’installer assis et lui lire une histoire, sans crainte de courbature en sortant car la tête ne touche pas le lit du dessus. Tous les détails ont été pensés lors de la phase de réflexion et de conception des plans par Delphine et Nicolas. Ils ont ensuite été agrémentés par les propositions des constructeurs normands de « La Tiny House », entreprise installée à Poilley, dans le Sud-Manche, à l’origine des premières tiny françaises.

Minimalisme et tiny house

Au moment de leur réflexion, Delphine et Nicolas sont venus visiter notre tiny house, afin de se rendre compte des volumes et d’envisager l’agencement qui leur conviendrait. D’ordinaire, les délais de construction sont de l’ordre de deux ans à cause du carnet de commande important du constructeur. Dans leur cas, Delphine et Nicolas rencontraient l’entreprise en mai 2019 et elle leur était livrée en janvier 2020, par le hasard d’une annulation de chantier : « Il y a un trou pour décembre, on peut vous la construire à ce moment-là. », leur avaient dit les constructeurs.

Delphine est née au début des années 70 avec des parents « post-soixante-huitards ». « J’ai grandi dans une sorte d’habitat partagé avant l’heure, raconte-t-elle. Mes parents avaient acheté un terrain avec six familles : chacun sa maison mais un grand terrain commun au milieu.  En tant qu’enfant c’était super. » Elle en garde de très bons souvenirs et des amitiés qui durent encore aujourd’hui. Régnait un climat de liberté et de confiance « car il y avait toujours des adultes qui surveillaient l’ensemble des enfants ».

Le minimalisme n’est qu’un des aspects immergé de l’iceberg.

Le feng shui est un art millénaire d’origine chinoise qui a pour but d’harmoniser l’énergie environnementale (le qi, 氣/气) d’un lieu de manière à favoriser la santé, le bien-être et la prospérité de ses occupants.

Delphine s’est rapidement intéressée à l’écologie et aux modes de vie alternatifs. Elle est abonnée à la revue Silence, le magazine des alternatives, fait son mémoire de BTS économie sociale et familiale sur les petites gestes de tous les jours pour préserver l’environnement. Il y a 20 ans, elle faisait installer un composteur au pied d’un immeuble à Hérouville-Saint-Clair. La transition a été progressive. « Ça a été un gros travail sur moi, nuance-t-elle. J’ai vraiment commencé le minimalisme après la naissance de mon fils en 2015. » Une de ses amies qui pratique le feng shui vient l’aider à trier sa maison pièce par pièce.

« Cela fait longtemps que je m’intéresse à la gestion du temps, la gestion des émotions, le rapport aux objets, le bio, le compostage, le recyclage. » Delphine vit sa transition écologique également dans l’éducation et l’école à la maison (instruction en famille). Le minimalisme n’est qu’un des aspects immergé de l’iceberg qui a amené cette famille à vivre en tiny house.

L’Instruction en famille (IEF) répond à l’obligation d’instruction des enfants dans le cadre familial et en dehors des structures d’école à distance, comme le Cned. Il s’agit d’enseigner de manière informelle et comme on le souhaite.

De son côté, Nicolas est un conducteur de train à la retraite. Il a toujours beaucoup bricolé : péniche, bateau, appartement… Ils ont passé les 17 dernières années avec toujours un projet de rénovation d’envergure. Cette fois, ils décident de passer par un constructeur. Sur le plan environnemental, Nicolas a toujours été sensible aux côtés pratiques : limiter le gaspillage de l’eau, de l’électricité. Après avoir vécu des années à Hérouville-Saint-Clair, où « il y a des immeubles partout et où on ne voit pas les étoiles », il aspire à une vie isolée et au calme. La conjugaison de ces deux approches de l’écologie et du minimalisme se retrouve dans le nouveau choix d’une habitation alternative autonome.

Aspirations à l’autonomie

Au hasard d’une recherche sur le bon coin, Delphine et Nicolas trouvent le terrain où ils sont actuellement. « À notre arrivée, la maire nous a annoncé que nous n’avions pas le droit d’être là ; le terrain était en zone naturelle. Depuis, on crée des liens. L’élue s’est rendue compte que nous étions des gens « normaux »..

La famille vise à moyen terme l’autonomie alimentaire : « Nous avons commencé un potager et avons planté des arbres fruitiers. » Au milieu du terrain, Nicolas a créé un labyrinthe : un chemin tondu entrecoupé de la végétation qui arrive à hauteur de buste. Un vrai terrain de jeu pour faire rêver les enfants qui ont aussi un trampoline, des vélos et une cabane. La tiny est autonome en eau et électricité. Le tout est couplé avec une bouteille de gaz pour la cuisson et le chauffage. « On a allumé un petit peu cet hiver mais au final, dès qu’on cuisine, le distillateur, le four… ça chauffe la maison. »

Il faut six heures pour produire quatre litres d’eau potable à l’électricité solaire.

La question de l’eau se pose dès mon arrivée quand on me propose une tisane. Delphine vide les dernières réserves d’eau potable qu’ils ont de la veille et m’explique leur fonctionnement. « Nous récupérons l’eau de pluie et l’eau du puits qu’on met dans la cuve dehors et qui arrive au robinet. Elle est filtrée déjà trois fois avant d’arriver au distillateur : là, l’eau est chauffée à 100 degrés, s’évapore, passe dans un filtre à charbon et nous récupérons l’eau dans un pichet. » Il faut six heures pour produire quatre litres d’eau potable à l’électricité solaire. Forcément, elle devient un bien précieux dont on use avec parcimonie.

Quant à l’électricité, elle est produite par neuf panneaux solaires installés à proximité de la maison sur l’herbe. Ils sont reliés à deux batteries au lithium permettant une utilisation raisonnée, mais clairement suffisante pour une famille de quatre personnes. « Dès qu’il fait beau, on peut faire deux machines à laver, de l’eau, charger un téléphone portable voire l’ordinateur… Une fois, j’ai eu une coupure générale d’électricité : j’avais laissé brancher un ordinateur et le soir à 23h, « pouf » tout s’est éteint. » Depuis, il ont déplacé le boîtier de visualisation du niveau de charge des batteries dans la buanderie pour être plus vigilant sur la consommation électrique.

La graine était en terre

Le choix de cet habitat n’a pas été un coup de foudre immédiat, mais plutôt une longue histoire faite de différentes rencontres. D’abord avec Yvan Saint-Jours (journaliste, fondateur du magazine La Maison Ecologique et co-fondateur de Kaizen), rencontré dans le cadre professionnel. Il est le « père » de la première tiny house française, construite en Normandie en 2013, avec Bruno Thierry, l’un des deux charpentiers de Poilley. « Je l’écoutais avec intérêt en me disant « quand même… c’est petit », raconte aujourd’hui Delphine. Mais cela a semé une petite graine. » Quelques mois plus tard, Théo, son premier fils qui a aujourd’hui 24 ans et vit au Canada, débutait son apprentissage de charpentier dans la Manche, tout près de l’entreprise de « La Tiny House ». Par la suite, ce sont les rencontres avec d’autres familles pratiquant l’instruction en famille, dont une vivant en camion aménagé, qui viendra ajouter de l’eau à la graine déjà en terre.

Nicolas et Delphine avaient aussi envie de voyager. Ils en avaient fait l’expérience avec une mini-péniche . « L’idée était de partir voyager avec. Au final, on l’a surtout construite. Le chantier a pris sept ans… On est partis un été tous les deux sur les canaux. Après la naissance de Clémence, on a fait quelques sorties. Après, il y a eu le voilier. » L’avantage d’un habitat nomade terrestre, c’est de pouvoir faire courir les enfants quand l’énergie déborde. Ils optent pour la tiny house et font appel aux constructeurs de Poilley.

Une vidéo réalisée par le journal en ligne Reporterre sur un couple qui s’était installé, en tiny house, à Douvres-la-Délivrande, au nord de Caen.

Une maison nomade ?

La mobilité avec une tiny house a ses limites. Pas si facile de déplacer une maison, aussi petite soit-elle. À cela s’ajoute l’installation électrique trop encombrante et peu mobile pour un voyage au long court. D’autant que le poids est légèrement supérieur à la législation. Il faudrait l’alléger de 250 kilos : « Il y a la possibilité d’enlever la machine à laver, le four, le frigo, les caisses de rangement sous le canapé, les tiroirs… Nous avons tout pesé en s’installant : on a ajouté une tonne plus ou moins. » C’est donc un déménagement complet qui s’annonce à chaque déplacement. La hauteur du faitage est aussi supérieure à la commande : elle atteint 4,20 mètres de haut, rendant moins maniable les déplacements car la hauteur des ponts est généralement autour de 4,15 mètres en France.

Finalement, la possibilité de bouger est plus un sentiment de liberté et permet à la famille d’apprécier… sa sédentarité. L’expérience de vie sur le terrain est très riche et les rapproche beaucoup. « Ça nous a obligés à réfléchir aux choses essentielles, à nos besoins minimums, à enlever le superflu. » Et à communiquer.

Rencontre Grand-Format : On vous invite à venir boire un verre autour de la tiny house d’Angèle Hiverlet, auteure de cet article, jeudi 23 juillet à 18h, entre Clinchamps-sur-Orne et Amaye-sur-Orne, au sud de Caen. Si vous êtes intéressés, écrivez-nous ici : contact@grand-format.net, afin qu’on puisse s’organiser!

Angèle Hiverlet

Avec mon mari, j’ai construit une tiny house il y a deux ans. Depuis, j’ai créé Effet Colibri : j’accompagne les femmes à avancer dans leur démarche écoresponsable sans sombrer dans l’épuisement au passage. Cela se concrétise par des ateliers et conférences sur le zéro déchet (produits ménagers / cosmétiques) et un programme : cinq minutes par jour pour (re)devenir zen en cuisine qui commence le 17 août. Toutes les infos sur le site : https://effetcolibri.fr