Octobre 2020

Sportifs hors-norme

Christine Raout - Illustrations : Elisa Foubert

Sportifs de l’extrême

Pour eux, le sport est devenu plus qu’un passe-temps quand ils se sont tournés vers des compétitions extrêmes. Entraînements spécifiques, maîtrise de soi et surtout endurance, ils ont en commun une discipline qui guide l’organisation de leur vie familiale comme professionnelle, et la recherche du prochain défi à relever.

Grand-Format est un magazine en ligne basé à Caen. Tous les mois, nous publions une histoire vraie sous la forme d’une mini-série en trois épisodes. Il est possible de lire nos articles gratuitement pendant 7 jours, en cliquant ici. Découvrez ci-dessous la présentation de cette série.

Dans cette nouvelle histoire, Grand-Format vous emmène à la rencontre de trois ultras du sport : Freddy Pommier, l’Ironman, Marion Joffle, la nageuse en eaux glacées et Erick Basset, le coureur du grand nord. Trois histoires de vie où le sport devient une quête de sens, quand il s’agit de tenir la distance, finir la course, pousser ses limites. Pourquoi ? Comment ? Jusqu’où ?

La journaliste Christine Raout est partie à leur rencontre. Une histoire illustrée par Elisa Foubert et des photographies de Virginie Meigné, de la famille Pommier, et de la mère de Marion Joffle.

Freddy, l’Ironman

Le flot de paroles est rapide, mais les mots deviennent toujours plus doux lorsqu’il parle de ses proches. En évoquant sa passion, Freddy Pommier ne semble vraiment courir qu’après une seule chose : l’équilibre, au prix d’une organisation et d’une discipline qu’il s’impose chaque jour, inlassablement.

Depuis quatre ans maintenant, le jeune homme de 33 ans, cuisinier pour table étoilée, se prépare perpétuellement pour son prochain Ironman. Ces courses de triathlon forcent l’exploit en gonflant les distances. Les trois disciplines demandent donc – en une seule compétition – chacune, de réaliser une performance : 3,8 km de natation, 180 km de vélo et un marathon, soit 42,195 km, pour la course à pied. C’est la distance Ironman.

« Il faut que je fasse cette petite dose de sport quotidienne qui peut aller d’une heure jusqu’à cinq, six, sept heures par jour, si je ne travaille pas. J’ai besoin de me dépenser, de me défouler et d’aller dépenser cette énergie en trop qui m’envahit. »

Marion, la nageuse en eaux glacées

Marion Joffle a les épaules larges, de celles qui permettent de parcourir des dizaines de kilomètres à la nage, et d’assumer à 21 ans les défis qu’elle se fixe elle-même : les performances, les records, et même la mission d’aider les enfants malades.

Le projet de Traversée de la Manche de Marion Joffle devait en septembre 2020 en faire la plus jeune femme à réaliser cet exploit : 34 km minimum en eau libre à lutter contre les courants. Une performance assortie d’une cagnotte lancée il y a plus de trois ans au profit du service pédiatrique de l’Institut Curie à Paris. Une cause qui lui tient à cœur, pour elle, considérée comme guérie depuis 2015 du sarcome épithélioïde – un cancer des tissus mous – diagnostiqué quand elle avait 5 ans. Mais la Traversée n’aura finalement pas lieu, pas tout de suite. Le projet est annulé pour cause de crise sanitaire, les années d’entraînement sabordées par les semaines de confinement. 2022 ? 2023 ? L’horizon s’éclaircit à peine, mais la jeune femme garde le sourire. C’est sa signature.

« Plus on s’entraîne et plus le corps s’habitue. Plus on se trempe en eau froide et plus le corps développe de l’adipocyte brun, de la graisse brune que les Inuits ont pour se protéger du froid. Donc l’hiver en général je grossis de 2-3 kg avec cette graisse beaucoup plus dense et que je reperds immédiatement l’été. Mais il y a la mémoire de l’entraînement en eau froide qui fait que chaque année, je n’ai pas de difficulté à redémarrer une saison en eau froide. »

Erick, l’ultra-traileur du grand froid

La neige, la glace, le vent, des températures entre 0°C et -42°C – parfois plus en ressenti – voici le domaine où s’épanouit Erick Basset depuis plus de dix ans. En février prochain, le sportif de 45 ans doit prendre le départ de l’Iditarod Trail Invitational, en Alaska. Après avoir terminé le parcours de 350-miles en 2019, ce sera au tour du 1000-miles, soit quatre semaines à pied dans le froid avec un objectif : terminer debout sur ses deux jambes.

Dans le froid, il faudra marcher, se nourrir, dormir. Survivre et avancer. La logistique, c’est une pulka : un traineau que l’on tire avec tout le nécessaire dedans, une charge pour le corps et l’indispensable pour ne pas geler et mourir de faim.

« J’avais envie de faire quelque chose qui me bouscule avec les ultra-trails, j’aime la nature et là, c’est vraiment les grands espaces et on est souvent tout seul. Les courses en montagne, il y a du monde. Dans les déserts, vous pouvez aussi être seul, mais la chaleur commençait à me peser. »

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