Nos élus

Les étudiants de L3 Humanités numériques de l’Université de Caen ont rencontré des élus locaux avant les municipales de 2026. Ils les ont questionnés sur les raisons de leur engagement et ce qu’ils veulent défendre. Voici leur travail.

Damien de Winter : « je suis communiste depuis que j’ai 15 ans »

Ancien adjoint au maire, Damien de Winter est élu maire de Giberville en mai 2023 et il est membre du bureau communautaire de Caen la Mer, en tant que candidat de gauche. Il raconte son parcours et sa mobilisation pour les familles sans abris, pour laquelle il a interpellé l’Etat.

Quel est votre parcours ? 

J’ai débuté un bac sciences économiques et sociales, option économie. Ensuite un BTS Logistique et transport. Puis une école de commerce pour me spécialiser dans tout ce qui est logistique à l’international. Donc j’ai travaillé pour le groupe Carrefour, pour Vinci Energies et j’ai fini à Véolia Environnement. Ensuite, dans ma fonction d’élu, quand je suis devenu premier adjoint au maire, j’ai dû quitter mon activité professionnelle pour donner des cours en logistique à des étudiants. À côté, j’ai mené des activités de consultant logistique, notamment pour le groupe Carrefour.

Pour ce qui est de mon parcours politique, j’ai pris ma carte au Parti communiste français après le second tour de la présidentielle entre Jacques Chirac et Jean-Marie LepenJe sais que je suis communiste depuis que j’ai 15 ans, j’ai franchi le pas après les manifs contre l’extrême droite. Par la suite, j’ai été responsable des jeunes communistes du Calvados. Après cela, on m’a demandé de travailler sur le programme de Phillipe Duron pendant un an et demi, le soir en dehors du travail, sur l’union de la gauche à Caen. Suite à cela, Philippe Duron et les communistes de Caen m’ont demandé d’être sur la liste, donc j’ai été élu de 2008 à 2014 à Caen. J’étais l’un des plus jeunes élus au conseil municipal, en tant que président des élus communistes républicains.  

Il faut aimer sa ville et ses habitants, plus qu’ils ne s’aiment eux-mêmes.

Pourquoi avoir voulu exercer la fonction de maire, en particulier à Giberville ?  

Je suis originaire de Giberville depuis l’âge de 9 ans. Quand je suis devenu étudiant, je suis parti à Caen. Le maire de Giberville m’a demandé de revenir sur la commune pour occuper le poste de premier adjoint au maire, à partir de 2014. J’ai été réélu en 2020 et je suis devenu maire il y a deux ans, à la suite de la démission de Gérard Leneveu, en raison de ses problèmes de santé. Lui et mes collègues ont considéré que j’étais le plus légitime à devenir le maire, donc j’ai été élu maire à l’unanimité.

Aujourd’hui, je suis aussi vice-président du Sivom des Trois Vallées, en charge des équipements sportifs et membre du bureau communautaire de Caen la Mer, en tant que seul candidat de la gauche, face à Nicolas Joyau. Le but est de montrer une opposition politique et de créer du débat sur la gestion de la communauté urbaine, car je ne suis pas en accord avec la gouvernance de Joel Bruneau et celle actuelle de Nicolas Joyau. J’ai à la fois eu un engagement politique très jeune et en même temps, pour être maire, il faut aimer sa ville et ses habitants, plus qu’ils ne s’aiment eux-mêmes, voir plus qu’ils ne méritent d’être aimés.   

Je pense que le maire doit gouverner avec le cœur et la tête.

Pour vous que représente le rôle de maire ?  

Pour moi le maire est là pour servir l’intérêt général de sa ville et de ses habitants, à court, moyen et long terme, sachant que l’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers. Exemple concret, en tant que citoyen, quand je rentre tard le soir chez moi la lumière est éteinte, je suis énervé de cette absence de lumière, mais quand je rentre à la mairie en tant que maire et que je vois les économies réalisées, je trouve que c’est une très bonne décision. Cela montre une certaine schizophrénie entre ce que je pense en tant qu’habitant et maire. Je pense que le maire doit gouverner avec le cœur et la tête.  Si on gouverne seulement avec le cœur, on sera amené à prendre des décisions pas très intelligentes. Et si on réfléchit qu’avec la tête, on va manquer de cœur ; c’est un équilibre.  

Qu’est-ce qui vous a marqué dans votre premier mandat ?  

La première semaine, je suis élu maire le lundi soir, le lendemain a lieu la course cycliste, le Critérium de Giberville. Dans l’attente de la remise des trophées, une famille m’annonce qu’une jeune fille a disparu, je demande à la police municipale de tourner dans la ville. Le jeudi soir, on lance un appel à la mobilisation citoyenne par la création d’un PC sécurité avec des associations de secouristes comme la Croix-Rouge, Unit’ Secours et La Protection Civile. On lance les recherches le vendredi pour la retrouver l’après-midi. Dès cette première semaine, il a fallu tout organiser, passer des appels, coucher tard, lever très tôt, coordonner, rédiger des communiqués de presse. Cela m’a marqué car ce n’est pas banal. Mais aussi car je me suis rendu compte qu’il y a deux façons d’être maire : tout d’abord celui qui va agir sur tout, puis celui qui va trier en fonction de ses compétences. Je pense effectivement qu’il faut être un peu compétent sur tout, à partir du moment où la commune et les habitants sont touchés. Cet évènement m’a montré qu’on ne sait jamais ce qui peut se passer. L’agenda peut être bousculé, on peut être appelé la nuit.  

Avez-vous déjà été sujet à des critiques, ponctuelles ou récurrentes ?  

J’ai déjà eu des critiques, mais toujours saines et constructives. Quelquefois le ton n’est pas cordial, mais les avis restent intéressants. On fait face à des agressions physiques et verbales. À titre personnel, il n’y a pas de soucis, je ne suis pas une crevette. Cependant, nos familles peuvent avoir peur, car on est exposé.

Pourquoi vous être engagé dans l’accompagnement des personnes sans-abris ? 

J’ai rencontré une famille avec trois enfants à la rue. En tant que maire, j’ai appelé le 115 pour l’hébergement d’urgence. Le fait qu’on me dise qu’il n’y avait plus de place m’a poussé à lancer un rassemblement auquel d’autres élus locaux ont participé. Je suis intervenu à Caen La Mer en conférence de maires, j’ai fait des conférences de presse. Il y a des choses qui avancent, mais pas assez vite à mon goût, toutefois je suis déterminé à aller jusqu’au bout. Je souhaite que soit mis en place un plan famille pour protéger les enfants, au même titre que le plan grand froid, lancé par l’abbé Pierre à l’hiver 54. L’hiver, l’Etat triple l’hébergement d’urgence pour que personne ne dorme à la rue. Donc c’est possible. Je considère que la République a des valeurs, des idées, des principes, et nous avons un contrat social entre nous. Quand la préfecture accepte que des enfants dorment à la rue faute de moyens d’accueil, je considère que le contrat social est rompu. J’ai sollicité des députés et des sénateurs pour une proposition de loi, par l’interpellation du gouvernement. Je serai mobilisé tant que ce plan famille ne sera pas passé à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Il manque 300 places d’hébergement d’urgence sur l’agglomération caennaise

Dans cette lutte, à quels obstacles faites-vous face ?  

Les moyens donnés par l’Etat sur l’hébergement d’urgence. Aujourd’hui nous sommes face à une crise du logement. Le parcours de l’habitat est sclérosé, les loyers sont chers, le remboursement des prêts également, il y a une demande supérieure à l’offre de logements sociaux. Faute de logements, ces gens se retrouvent sans adresse fixe. Nous n’avons pas assez d’hébergements d’urgence pour faire face à cette crise du logement. Les réponses sont multiples, mais dans mon cas la première exigence est d’augmenter ces places dans les hébergements d’urgence. Il manque environ trois cents places sur l’agglomération caennaise, on a obtenu une centaine de places supplémentaires, mais il en faut plus.

Que vous a apporté votre expérience de maire sur le plan personnel ?

Pour ce qui est du positif, il s’agit de la fonction la plus intéressante qu’il soit. On doit réfléchir à beaucoup de sujets différents passionnants. Effectivement, on pourrait dire qu’un maire est un président de Région et de la République, parce qu’il agit à toutes les échelles. Ces trois fonctions nous amènent à rencontrer des gens, à réfléchir sur des sujets et à prendre en permanence des décisions ; on ne s’ennuie jamais. Pour ce qui est du négatif, je dirai l’impact sur la vie de famille, en termes de sécurité et de tranquillité. Lorsque l’on se balade dans la commune, les gens t’interpellent, il y a des jours où l’on préfère être en famille. On est très peu tranquille. Mon prédécesseur m’avait prévenu que je n’arriverai pas toujours à dormir, c’est vrai. Du lundi au dimanche, du matin au soir, les gens savent où j’habite, ils me connaissent.

Comptez-vous vous représenter à l’avenir, oui ou non, pourquoi ?  

Oui, je suis candidat en mars 2026 et, en exclusivité, je suis candidat pour les dix-huit années à venir. Je souhaite être maire. Ce sont les électeurs qui décideront s’ils me font confiance ou non, je n’ai aucun problème là-dessus, au contraire. Il me faudra, je pense, trois mandats pour mener à bien ce que je veux faire : en termes de logements, de voirie, de pistes cyclables, de lutte contre les inondations, de rénovation de bâtiments publics, ce qui me laissera le temps de trouver l’homme ou la femme qui me succédera, tout en ayant une continuité par rapport à notre projet politique pour la commune.

Propos recueillis par Noah Vautier

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Sébastien Lelong : « on doit gérer les décès, et on n'est pas formé pour ça »

Sébastien Lelong, maire délégué de la commune de Beaumont-Hague âgé de 44 ans, située au nord de la Manche, est un élu de terrain, proche des gens.

Qu’est-ce qui vous a amené à vous engager localement comme « maire délégué » de Beaumont-Hague ?

Je suis natif de Beaumont-Hague ; à côté de mon travail de maire, je travaille à Orano. Cela fait 15 ans que j’habite dans la maison que j’ai faite construire. J’ai longtemps été membre du comité des fêtes.

Quand j’étais plus jeune, je ne me voyais pas être maire, mais j’ai toujours été intéressé par la politique nationale, j’aimais assister au dépouillement.

Qu’est-ce qui vous motive aujourd’hui dans la fonction d’élu local ?

Ce qui me motive dans la fonction d’élu, c’est quand on aide à résoudre les problèmes du quotidien (deuil, logement…). J’y consacre beaucoup de temps, mais je veux continuer à garder le contact, je ne veux pas que tout se fasse par mail.

Parmi les projets en cours ou à venir, quels sont ceux qui vous tiennent le plus à cœur ?

Le projet en cours qui me tient le plus à cœur est celui de la réhabilitation de l’école primaire, j’ai suivi toutes les étapes, elle a été inaugurée en 2021. Il y a aussi la création de la nouvelle crèche qui permet d’accueillir plus d’enfants ; la maison des associations est un accueil pour les associations qui s’y trouvent et qui le font vivre. Le skate-park vient d’être finalisé sur le plan administratif. C’est un collectif qui a permis de le créer, avec des contraintes, depuis 2 ans. Il va sortir en 2026 à Beaumont-Hague car il est plus centralisé que les autres petites communes, surtout avec le collège. Il sera devant la piscine.

Concernant la Maison des associations : pourquoi ce lieu, quels usages envisagez-vous ? Quels bénéfices pour les habitants ?
C’est dans la mairie car on a déjà les locaux, donc on les utilise. De plus, ils s’y prêtent, c’est moins coûteux, et comme Beaumont-Hague est au centre de la commune nouvelle de La Hague, cela permet de faciliter le regroupement. On l’utilise pour faire un accueil pour les associations qui s’y trouvent et qui le font vivre, ils vont gérer leur matériel. L’installation est déjà en cours alors que tout n’est pas prêt, il y a des actions de support qui sont réalisées.

La traditionnelle Fête de la Madeleine a une forte valeur patrimoniale et historique. Quelles sont vos propositions pour la préserver ou la relancer ?

On est nombreux à y être attachés, elle est tenue par des bénévoles, ce qui rend son maintien difficile avec la crise de bénévolat. Mais elle reste un héritage historique et patrimonial. La mairie ne peut pas le faire elle-même, mais elle la soutient beaucoup. À un moment, les commerçants l’ont organisée, puis les habitants se sont motivés et ont pris le relais. La mairie investit 20 000 € dans le feu d’artifice.

Comment les habitants sont-ils consultés dans les décisions locales ?

Les habitants peuvent être consultés avec les réunions publiques, de proximité, dans lesquelles ils disent ce qu’ils veulent, ce qui ne va pas. Elles permettent de voir la maire de La Hague.

Dans la Hague, le nucléaire est important mais il faut imposer des limites.

Quels sont selon vous les principaux défis auxquels fait face Beaumont-Hague ?

L’un des défis de Beaumont-Hague est le vieillissement de sa population, c’est pourquoi il y a de nombreux logements sociaux qui accueillent de nouvelles familles, qui font vivre les écoles. Le Cap Cotentin est top pour les jeunes et les aînés.

Le plus grand défi vient des projets industriels d’Orano, car même si c’est une opportunité de développement, il faut savoir se faire entendre par eux. Le nucléaire est important, mais il faut imposer des limites.

Que faites-vous en matière d’environnement, de gestion de l’énergie, d’adaptation au changement climatique dans le territoire ?

Dans l’environnement, on fait ce que l’on appelle une “légation », c’est-à-dire une gestion globale des espaces verts et des ressources par la commune. Les espaces verts sont appelés zones et sont classés en trois catégories : celles que l’on tond régulièrement, celles tondues occasionnellement, et celles tondues une fois par an, juste pour montrer qu’elles ne sont pas à l’abandon. Le désherbage se fait uniquement à la main ou avec des machines, sans aucun produit chimique, on n’utilise plus de désherbants (glyphosate) lourd. On gère les espaces verts, on limite les plantes avec arrosage. Il y a un agent qui gère le flux, notamment celui du chauffage en hiver ; on cherche à faire des économies dans l’école et la crèche rénovée. On doit faire des travaux dans les zones inondables. Depuis 2022, il y a des incendies, des sécheresses que l’on n’attendait pas. On a un agent dédié à ça.

Quel a été l’un des moments les plus difficiles dans votre mandat, et comment l’avez-vous surmonté ? Et quel a été le meilleur ?

Les plus difficiles sont les moments des décès. On n’est pas formé pour ça, et on n’y est pas insensible, c’est dur de prendre du recul. A l’opposé, les meilleurs moments sont les mariages, ce sont des moments de joie, surtout quand on connaît les gens, qu’ils sont actifs dans la commune. J’ai déjà fait un mariage homosexuel, c’est une chance car c’est le premier de la région, et ça reste rare, c’est une preuve de liberté. On a aussi eu un accouchement dans la commune, et pas à l’hôpital, on a été pris au dépourvus, c’est la première depuis 2008.

Propos recueillis par Wendy Poirier

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Raphaël Chauvois : « être élu, c’est d’abord aimer les gens »

Raphaël Chauvois, 54 ans, conseiller municipal de Ouistreham depuis près de 20 ans, raconte son engagement politique et les motivations qui l’animent au quotidien.

Pouvez-vous vous présenter ? 

Je m’appelle Raphaël Chauvois, j’ai 54 ans, je suis fils d’agriculteurs et je suis marié avec trois enfants. Je suis inspecteur académique ou maintenant, on dit inspecteur de l’éducation nationale, depuis 23 ans. 

Pourquoi vous êtes-vous engagé dans la politique ? 

J’ai développé une passion pour la politique. En 1997, j’ai poussé les portes du parti socialiste qui correspond à mes valeurs avec son humanisme et sa solidarité. J’ai milité pour le parti. 

Comment êtes-vous devenu adjoint municipal ?

J’ai reçu une proposition de devenir le maire adjoint d’André Ledran en 2008 et j’ai accepté de le suivre jusqu’en 2014. Je suis passé dans l’opposition depuis l’élection du maire Romain Bail, actuellement sous l’étiquette Horizons.

Quel est votre parcours politique depuis votre engagement à Ouistreham ?

J’ai été conseiller régional de la Basse-Normandie en 2010, puis en 2012 j’ai été vice-président du conseil régional, chargé du tourisme et de l’économie. Je suis actuellement conseiller municipal de Ouistreham et conseiller communautaire de Caen la Mer. 

Qu’est-ce qui vous anime dans votre mission de conseiller municipal ?

L’envie d’être utile pour les personnes autour de moi, l’envie d’aider son prochain. Travailler au développement de la ville, de là où on habite. Mon engagement politique ne me rapporte rien, c’est un engagement quotidien qui demande du temps. Il y a des personnes qui ne travaillent pas à côté de leurs engagements politiques. Je continue mon travail d’inspecteur de l’éducation nationale en même temps que mon travail en tant qu’élu régional. Je pourrai choisir de vivre uniquement de mon travail en tant qu’inspecteur, mais j’ai choisi de m’engager. 

Je ne conçois l’engagement que si on aime profondément les gens. Sinon c’est malheureux. 

Quel est, pour vous, le rôle d’un élu local ?

Le rôle d’un élu local est d’être à l’écoute de ses concitoyens, de porter des projets pour le bon développement de la ville et de ses habitants.

Un épisode qui vous a marqué en tant qu’élu ?

L’organisation des 70 ans du Débarquement qui s’est déroulé à Ouistreham en 2014. J’étais en charge de son déroulement. 

Est-ce que vous avez d’autres projets dans lesquels vous êtes engagé ?

Il y a un projet en Afrique dans lequel nous sommes engagés, avec la construction d’un lycée au Bénin.

Propos recueillis par Lénaick Basnier

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Delphine Ali, une élue investie au service des autres

Élue depuis 2020, Delphine Ali, 43 ans, multiplie les engagements pour faire vivre son territoire et soutenir les autres. Entre la mairie de Marchésieux, le club de foot local et une association solidaire, elle consacre une partie importante de son temps libre à l’action collective, avec passion et humilité.

Quels sont vos différents engagements ?

Je suis conseillère communale, en charge de la communication, de la culture et de tout ce qui touche à la scolarité. Je suis également trésorière du club de foot de ma commune, l’Élan sportif des marais, et trésorière de l’association Mahorais de la Manche, association créée à la suite du passage du cyclone Chido à Mayotte.

Depuis combien de temps êtes-vous engagée ?

À la mairie depuis 2020, dans différentes associations depuis 2018 environ.

Combien de temps cela vous prend-il ?

Cela dépend des mois. En moyenne, je dirais entre 10 et 15 heures par mois.

Qu’est-ce qui vous donne envie de prendre ce temps en plus de votre travail ? Qu’est-ce que cela vous apporte personnellement ?

J’aime aider les autres, me rendre utile, faire évoluer les choses. Cela m’apporte de l’estime de soi, de la gratitude et aussi des remises en question quelques fois.

Comment votre famille vit-elle ce temps donné aux autres ?

En général, plutôt bien. Mais de temps en temps, ma fille de 9 ans en a marre que je parte en réunion le soir.

Y a-t-il des moments où vous aimeriez arrêter toutes formes d’engagement pour avoir plus de temps pour vous et votre famille ?

Ponctuellement cela peut arriver, mais ça passe très vite. Je renouvelle d’ailleurs mon mandat au niveau de la mairie pour les six prochaines années si tout se passe bien.

Vous paraissez bien gérer vos engagements, alors pourquoi avoir démissionné de la présidence de Famille rurale ?

Je dirais que ce n’était certainement pas le bon moment pour moi de prendre ces responsabilités et je n’ai peut-être pas été assez aidée dans la prise de poste. J’ai fait le choix de démissionner au bout de trois mois car psychologiquement je le vivais très mal et j’ai préféré abandonner au profit de ma famille et de mon bien-être. Au départ je l’ai vécu comme un échec, aujourd’hui je ne regrette pas mon choix.

Propos recueillis par Elisa Lecalier

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