La librairie solidaire Saperlotte a ouvert ses portes en juillet 2025 à Caen. Baptiste Davout, le responsable, nous y a reçus pour présenter son projet.
Entouré de centaines d’ouvrages, debout derrière le comptoir, Baptiste Davout, 31 ans, accueille le chaland à bras ouverts au sein de la librairie Saperlotte. Un lieu convivial avec des fauteuils installés au milieu des étagères, qui débordent de livres, de CD et de DVD en tous genres.
Originaire de Flers, dans l’Orne, Baptiste Davout a découvert le monde des livres en 2013. Il effectue un stage dans la librairie All Livres à Flers, un lieu solidaire, inclusif et engagé pour l’environnement. Cette expérience va s’avérer être une révélation pour je jeune homme. Six ans plus tard, et après l’obtention d’un master 2 marketing – vente, digital et réseaux sociaux, il s’installe à Brest et fonde Le Projet Sapristi. Avec l’aide d’environ 120 bénévoles au sein de l’association, le concept qu’il a créé permet de faire fonctionner deux librairies et de créer des emplois. Le principe est simple :
« Remettre en vente, à tout petit prix, dans une vraie librairie, des livres récupérés gratuitement, après les avoir triés. »
En 2024, Baptiste Davout choisit de revenir en Normandie, avec l’idée d’ouvrir une nouvelle librairie. Cependant, personne ne vient à une première réunion qu’il organise en mai à Hérouville-Saint-Clair, près de Caen… Un mois plus tard, une autre rencontre permet de mobiliser une trentaine de bénévoles et un local se libère. « Nous créons l’association Saperlotte en novembre 2024. Tout s’enclenche et nous ouvrons, le 9 juillet 2025 notre première librairie au 95 bis, rue d’Hérouville à Caen », raconte-t-il.

Une seconde vie pour les livres, un accès à la culture pour tous
Saperlotte est une librairie associative « qui répond à des objectifs d’inclusion sociale » et qui permet à toutes les personnes souhaitant participer bénévolement « de se faire plaisir dans un contexte bienveillant ». « On répond à un objectif d’accès à la culture, c’est-à-dire qu’on va vendre les livres entre 2 et 3 euros », ajoute-t-il. « On collecte entre 500 et 1 500 livres par mois. Cela permet de réduire l’impact écologique, tout en favorisant l’accès à la culture. » Un moyen, donc, de donner aux livres une seconde vie.
La librairie voit défiler toute la journée des visiteurs venus de différents horizons. Avec un soleil brillant à l’extérieur, des livres sont exposés sur des tables devant la librairie, attirant de loin l’œil des passants. Des clients repartent ensuite avec des piles de livres, ou laissent un numéro de téléphone en attendant l’œuvre convoitée.
Comme l’annoncent les affiches sur les vitrines et les murs de la librairie, l’association organise plusieurs événements tous les mois. « Ce sont les bénévoles qui sont à l’initiative, en fonction des envies de chacun ». En effet, des ateliers d’écriture et des lectures à voix haute se font régulièrement. Des petits-déjeuners sont aussi organisés, permettant aux bénévoles de se retrouver entre eux. Les événements à suivre sont indiqués sur leur compte Instagram.
Les bénévoles, nombreux pour une jeune association, s’impliquent librement, comme ils le souhaitent avec un choix dans les créneaux : « chacun se positionne comme il ou elle le souhaite, sans culpabiliser. »
À la vente, Stéphanie, bénévole au sein de l’association depuis le mois de septembre, explique que ce qui l’a attirée dans cette aventure, c’est « le côté inclusif ». À ses côtés, Florence raconte qu’elle a déjà été bénévole au sein d’une bibliothèque et que « son amour pour les livres » l’a poussée à participer à cette nouvelle aventure.
En 2025, une opportunité permet à Baptiste d’ouvrir une seconde librairie, là où il avait songé à s’installer initialement, à Hérouville. Elle a ouvert en novembre dernier, cinq mois après la première, dans le centre commercial d’Hérouville.
Lenaick Basnier avec Grégoire Leverrier Potel