Bars et restos, touchés mais pas coulés par le passe sanitaire

Publié le 8 septembre 2021

Mis en place progressivement cet été, le passe sanitaire a contrarié le quotidien des gérants des établissements soumis à cette mesure. Leur saison estivale a ainsi été en berne niveau fréquentation, mais pas uniquement à cause du contrôle des QR-codes.

Être vacciné, être testé négatif, ou avoir déjà eu le covid dans les six mois précédents. Il faut désormais remplir l’une de ces trois conditions pour accéder à de nombreux équipements et rassemblements publics. Ce passe sanitaire est en vigueur depuis le 21 juillet dans les lieux de loisirs et de culture accueillant plus de 50 personnes. Et depuis le 9 août il est étendu notamment aux bars, cafés et restaurants, avec la disparition du seuil minimum.

Perte de chiffre et perte de temps

Dès le mois de juillet, les professionnels concernés ont vécu cela comme une «énième épreuve à surmonter», résume Normandie Tourisme dans une note de conjoncture. La majorité d’entre eux (hôtels, campings, sites touristiques) estiment que cela a eu «pour conséquence directe une baisse de fréquentation de leur établissement».
La mise en place du passe chez les cafetiers et restaurateurs en août a suscité beaucoup de sueurs froides. Les gérants parlent souvent de pertes de fréquentation allant jusqu’à 50%. Dans l’Eure, l’Éveil de Pont-Audemer a fait la tournée des bars de la commune, et clairement ça passe mal. «On est contre le passe, mais on l’applique», explique un patron de bar. «Ça prend du temps!», râle une serveuse.

Files d’attentes

Restaurants, mais aussi cinémas, et salles de sports … beaucoup s’accordent à dire que c’est l’été 2021 qui est globalement mauvais pour le chiffre d’affaire. À Saint-Lô, on considère ainsi que «c’est davantage la pandémie que le passe sanitaire qui limite la venue des visiteurs» (Ouest-France). Sans oublier le facteur météo, plutôt médiocre cette année.
Chez le syndicat des bars, hôtels et restaurants, on voit plutôt le verre à moitié plein. Yann France, restaurateur à Deauville et président de l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) du Calvados, juge que la mise en place du passe s’est plutôt bien passée. Bien sûr cela a pu être compliqué à gérer par moments pour les gros établissements: «Des files d’attente se mettaient en place à l’entrée lors des coups de bourre.»

Nouveau réflexe

Après sept mois de fermeture, le choix a été plutôt évident pour les 450 adhérents de l’UMIH 14. «Le gouvernement a fixé les conditions. On l’applique évidemment si ça nous permet de rester ouverts.» D’ailleurs, il n’a pas fallu très longtemps à la plupart des clients pour acquérir le réflexe du QR-code. «On n’a quasiment plus besoin de le demander, ça prend seulement quelques secondes.»
Si la satisfaction de pouvoir être à nouveau ouverts domine, Yann France reste prudent pour les mois à venir. Après l’été, beaucoup d’établissements comptent désormais sur l’événementiel pour fonctionner: «On ne sait pas trop comment ça va reprendre». Et, nouveau défi, il va falloir également gérer l’obligation du passe chez les salariés dès cette semaine.

Raphaël Pasquier

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