Depuis octobre 2024, 18 migrants adultes et 21 enfants de six nationalités différentes ont trouvé refuge dans un ancien Ehpad, à Cambremer, dans le Calvados, avec l’aide du collectif « Solidarité Exilé.e.s Lisieux Pays d’Auge ». Un lieu qui est devenu leur maison depuis que leur situation sur place a été régularisée. Un reportage vidéo réalisé par Marion Grout de Beaufort.
En novembre 2024, le tribunal de Lisieux avait accordé un délai de huit mois aux réfugiés « squatteurs » pour trouver un accord avec les 24 copropriétaires de l’Ehpad. Et quelques jours avant l’expulsion programmée, une convention d’occupation temporaire a été signée entre ces propriétaires et le Collectif lexovien des personnes privées de droits. Ce contrat, qui diffère d’un bail traditionnel, permet à un propriétaire de mettre exceptionnellement à disposition un bâtiment pour une courte durée.
« Cette convention change beaucoup de choses pour moi, car ça donne de la stabilité pour mes enfants. Ils savent qu’ils peuvent continuer leur année scolaire avec des amis qu’ils se sont faits depuis l’année dernière. Et pour nous, c’est aussi un soulagement de se poser », raconte Lajoie, une habitante de la maison.
Selon les termes de la convention, l’occupation de l’ancienne maison de retraite est valable pour six mois reconductibles, tant qu’aucun acquéreur ne se manifeste pour le bâtiment. Les occupants doivent néanmoins s’acquitter des charges courantes. « Il y a aussi les transports pour les adultes, car on est en milieu rural et les transports scolaires, la cantine pour les enfants… A priori, on a fait des estimations, c’est de l’ordre de 35 000, voire 40 000 € par an si on calcule les charges totales », précise Jacques-Antoine Motte, membre du Collectif lexovien des personnes privées de droit. Quand ils le peuvent, les exilés mettent la main à la poche, mais la majorité des financements viennent des dons récoltés par l’association via une cagnotte en ligne ou des évènements solidaires.