Revue d'actualité des étudiants

Précarité étudiante : situation alarmante en Normandie

À Caen, le Secours populaire d’Hérouville-Saint-Clair a mis en place des distributions alimentaires pour les étudiants précaires en ce mois d’octobre. Les bénévoles sont dépassés par l’afflux des demandeurs. Les étudiants doivent faire des sacrifices pour joindre les deux bouts. « Sans cette distribution, je ne pourrais pas manger » explique Khadija, étudiante marocaine de 22 ans. « Nous n’avons jamais vu ça, nous allons finir par manquer de stock », alertent les bénévoles. Au Havre, les logements étudiants du CROUS sont complets. « Du jamais vu » pour la direction de l’institution. Certains doivent dormir dans leur voiture, voire dans la rue.

Le monde du 11 septembre dans l’œil des lycéens

Jusqu’au 31 mars 2022, le Mémorial de Caen accueille une exposition sur le 11 septembre 2021. Vingt ans après l’évènement, le musée revient sur l’attentat et ses conséquences à travers des photos et documents d’époque. Des lycéens de première partagent leurs ressentis. 

Photo by MASSOUD HOSSAINI / AFP

L’impact des photos

« Je me suis sentie démunie face à certaines photographies », confie Sarah après avoir vu l’exposition. L’impact des photos est le même pour la plupart des élèves. Paul a été « très marqué par certaines d’entre elles ». Les clichés des attentats à New York, mais aussi en Irak ou en Afghanistan, sont sans filtre et témoignent de la violence de ces évènements. Certains sont connus dans le monde entier, comme l’explique Mathilde Rouquet, la responsable des archives du Mémorial. «  Les photographes exposés ont pour la plupart reçu un prix, c’est le cas du photographe afghan Massoud Hossaini et son cliché tristement célèbre « La jeune fille en vert » qui a reçu le prix Pulitzer en 2012 ». Pour Érik, lycéen, les photos sont « instructives » et montrent une réalité qu’il n’avait jamais osé imaginer.

Un problème plus grand qu’ils ne le pensaient

L’exposition a permis pour beaucoup d’élèves de découvrir l’ampleur du problème. « Je n’avais jamais été confronté au problème évoqué de cette manière » explique Sarah. Les attentats sont présentés de l’intérieur, par ceux qui les ont vécu, et la situation géopolitique, qui est souvent passée sous silence, est mise en avant au travers des divers supports. Érik a eu la chance de visiter le musée reconstruit sur le site des tours jumelles à New York, en mémoire des évènements.

« Montrer », « expliquer»

Les enjeux derrière cette exposition sont multiples. Isabelle Bournier, directrice culturelle et pédagogique, insiste sur son l’objectif « d’apporter des éléments de réflexion [….] les clés de compréhension du monde dans lequel nous vivons. ». Les jeunes interrogés ont compris cette dimension et veulent poursuivre cette action de mémoire. « Il est important de montrer au public l’ampleur des dégâts qu’il y a eu suite au 11 septembre. Pas seulement les victimes des tours jumelles, mais toutes les victimes du conflit. » commente Paul, tandis que Sarah parle « des enjeux cachés » qu’elle a eu du mal à cerner mais qui, après réflexion, lui ont permis de comprendre cette crise.

« Le monde du 11 septembre »

Un nouveau monde est-il né après le 11 septembre ? C’est la question que soulève l’exposition. Et quel monde ? « Un monde en reconstruction diplomatique » pour Sarah ; «  un monde de guerre pour l’Irak et l’Afghanistan, de destructions et de victimes civiles » pour Paul. Le monde dans lequel nous vivons est un monde transformé par les attentats. Ces images ont marqué au fer rouge les mémoires de ceux qui ont vécu ce jour terrible, mais aussi celle des nouvelles générations pour qui elles sont tout autant traumatisantes. L’exposition permet aux élèves de saisir ces évènements auxquels ils n’ont pas assisté et leur contexte géopolitique. « Comprendre pour que cela ne se reproduise plus », conclut Érik.

Lucie Barbey, étudiante L3 Humanités Numériques, Université de Caen.


Un village du numérique à Cherbourg

Le « village numérique » est un Espace Public Numérique (EPN) à Cherbourg-en-Cotentin. Ce service public permet d’utiliser des outils numériques pour apprendre et créer gratuitement.

©Village numérique

Le village numérique ouvre ses portes à tout type de public et fonctionne grâce à ses animateurs formés aux matériels numériques. Il s’agit d’une structure municipale, subventionnée par la ville, la région ou des appels à projets. Cet EPN est ouvert du lundi au samedi sauf le matin qui est réservé à l’accueil de groupes ou à des interventions extérieures en collèges spécialisés, EHPAD etc. Le local est organisé sous cette forme depuis près de trois ans, bien que le concept existe depuis une vingtaine d’années dans la ville, sous le nom de « village des enfants ».

Le rez-de-chaussée est composé de trois salles. La première est une salle détente, avec des canapés, un ordinateur et une fontaine à eau. Il y a également une vitrine dans laquelle sont disposés des objets résultant de l’utilisation des machines de l’établissement. La seconde salle possède presque une dizaine d’ordinateurs qui peuvent être utilisés en accès libre ou avec des ateliers. Ces derniers ont lieu trois fois par semaine et ont divers objectifs. Cela peut aller de la retranscription de cassettes sur ordinateur à l’aide aux démarches administratives. « Nous ne faisons par contre pas de dépannage informatique, on renvoie vers des entreprises privées pour éviter de créer de la concurrence » précise Emmanuel Hollande, chef d’équipe Usages Numériques.

Espaces publics numériques ?

Un EPN (Espace Public Numérique) est un espace gratuit ouvert au public dans une collectivité. Créé à l’initiative de la Région Normandie, il propose des outils numériques tels que des ordinateurs ou, pour certains, des imprimantes 3D. De nombreux projets peuvent y être réalisés. On trouve près de 150 EPN, dont celle de Cherbourg, une des plus grandes en terme d’espace de travail, nommé le « village numérique ».

Plus d’informations ici.  

Un laboratoire pour créer

La dernière salle du rez-de-chaussée est sans doute la plus technique puisqu’elle propose l’utilisation de machines à première vue plus complexes, et requiert au départ l’aide des animateurs. Trois imprimantes 3D utilisent du PLA, une matière à base d’amidon et de plastique, disponible en différentes couleurs. Il suffit de créer sur ordinateur ce que l’on veut imprimer ! Le public peut aussi utiliser une brodeuse, qui à partir d’une image numérique, brode sur un tissu. La découpeuse laser taille avec une extrême précision dans toutes les matières comme le bois, le plexis, le papier, le verre… Et pour terminer la visite, une machine pour créer des stickers et une autre pour le flocage. Le personnel peut aussi conseiller le public sur le meilleur matériel à acheter, en toute transparence puisque ce n’est pas une entreprise. D’ailleurs, l’utilisation des machines se limite à un usage individuel. Ici, on ne produit rien à vendre, ni logos, ni marques.

Pour les jeunes : jeux vidéo, vidéo et musique

À l’étage, une salle est dédiée aux jeux vidéos et touche donc plus particulièrement le jeune public. Emmanuel Hollande explique : « Souvent, ils jouent déjà chez eux, mais ça leur permet ici de jouer à d’autres jeux et avec d’autres personnes ». De plus, le matériel disponible dans cet EPN est généralement plus puissant que celui que ces jeunes possèdent. Ils peuvent également découvrir des anciennes consoles ou créer à partir d’ateliers. « Ils ont reconstruits avec notre aide une arcade avec pleins d’anciens jeux dessus ». L’équipe du village numérique est en train de mettre en place avec ces jeunes une exposition autour de l’histoire du jeu vidéo, bien que celle-ci ait pris du retard avec le covid.

Plus loin, le public a accès à une salle réservée au stream, c’est-à-dire pour créer du contenu sur internet (Youtube ou Twitch). Cette salle existe au détriment de la salle VR (réalité virtuelle) qui a dû se mettre en pause le temps de la pandémie. Le mercredi après-midi, le local est autorisé à utiliser le gymnase de la ville, accolé à leur bâtiment. Cela permet aux jeunes de se défouler et de limiter le tempos devant les écrans.

Le dernier atelier crée est dédié à la MAO (Musique Assistée par Ordinateur). Cela se présente comme un studio en accès libre, qui contient des micros, un piano, des pads et des ordinateurs. Au départ, l’utilisation de ce matériel peut nécessiter l’aide d’un animateur. Ces derniers sont comme des « généralistes du numérique » selon les termes d’Emmanuel Hollande. Ils ne peuvent pas être spécialistes pour tout, et suivent des formations pour savoir utiliser au minimum chaque matériel. Ainsi, le public peut accéder à diverses utilisations du numérique, épaulé par un personnel renseigné et compétent.

Odessa Aubry, étudiante L3 Humanités Numériques, Université de Caen.


Précarité menstruelle des étudiantes

En 2021, 18,46 % de la population française vit sous le seuil de pauvreté selon l’INSEE, en augmentation avec la crise sanitaire. Un contexte qui favorise aussi la précarité menstruelle des étudiantes, pour lesquelles l’accès aux protections hygiéniques est difficile, voire impossible pour des raisons essentiellement financières. Pour la rentrée 2021, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, avait annoncé la mise en place de distributeurs de protections périodes gratuites dans les universités. À Caen, il se trouve au SUMPPS, Service Universitaire de la Médecine Préventive et de Promotion de la Santé. Plusieurs associations se mobilisent sur la question, dont Assureipss, SangProtection ou le collectif Sangsationnel.

Agathe Maneuvrier-Hervieu