Compagnie Silence et Songe : autour de la création de Coriolis

La Compagnie Silence et Songe

Camille Hamel «Je suis Camille Hamel de la Compagnie Silence et songe et je suis responsable artistique de la compagnie. J’ai créé cette compagnie en 2009 et en général, j’oriente les projets de spectacles de la compagnie. Et je suis aussi comédienne, chanteuse, metteuse en scène, musicienne et compositrice. C’est pour ça que quand vous nous demandiez ce qui nous plaît dans le métier, dans une compagnie, on a plein de métiers, on fait plein de choses en fait !»

Stéphane Pelliccia : «Je m’appelle Stéphane Pelliccia. Je suis comédien et magicien et je travaille avec la Compagnie Silence et Songe depuis… c’est la troisième création pour laquelle je travaille avec la compagnie et à chaque fois à un endroit différent. La première fois, j’étais à la régie plateau, c’est-à-dire toute la machinerie qu’il faut déployer pour que le spectacle puisse avoir lieu puis à la réflexion sur les effets magiques parfois. Sur le précédent spectacle Anticyclone, j’ai participé en tant que regard extérieur, c’est-à-dire que j’étais dans la salle et Camille sur scène et j’essayais de la guider sur la façon de jouer, de donner des idées sur l’écriture et la mise en scène. Et sur ce spectacle-ci, Coriolis, je suis en charge de l’écriture du texte et de la conception générale du spectacle avec Sabrina et Camille.»

Sabrina Letondu «Et moi, je suis Sabrina Letondu et je travaille avec la Compagnie Silence et Songe depuis 3 projets également sur le premier projet, j’ai participé à l’écriture et je suis à la régie plateau. Sur Anticyclone, je suis encore à la régie plateau. Et sur Coriolis, grand challenge, je vais jouer et je dessine.»

Les questions des élèves de 6eF

Qu’est-ce que vous faites dans cette école ?

Camille Hamel : On est une compagnie de théâtre et en fait, on fabrique des spectacles. Et on est venu à l’école par le biais d’un dispositif de jumelage qui est mis en place par La Renaissance, la Compagnie Silence et Songe et l’école Paul Langevin. Et qu’est-ce qu’on va faire dans cette école ? Eh bien, avec la compagnie, nous, au début quand on crée les spectacles, on a pour habitude d’aller dans les écoles pour échanger avec les enfants car nos travaux sont à l’adresse du tout public, du tout public et du jeune public. On vient dans les écoles pour être au plus près des enfants et pour échanger avec eux, discuter, rêver, s’interroger… On est là avec eux pour voir comment réfléchir ensemble. On fait des spectacles pour les enfants, donc on travaille avec les enfants pour le faire.

Qu’est-ce qui vous plaît dans le métier ?

Sabrina Letondu : Quel métier exactement ? Dans la création de spectacles ? En ce qui me concerne, ce qui me plaît dans ce métier, c’est que c’est un peu l’aventure. On sait un peu où ça commence et on ne sait jamais où ça finit. On est toujours surpris. C’est un travail d’équipe aussi. C’est un travail qui fait appel à la créativité. En fait, il faut toujours essayer de se surprendre un peu. En fait, quand un spectacle est fait, quand on le partage avec le public, quand on partage un spectacle avec le public, on a un grand sentiment, on se sent très humain, on se sent très là, on se sent très vivant.

Comment utilisez-vous ce temps pour travailler ?

Stéphane Pelliccia : Si tu veux, je peux te parler de la façon dont c’est organisé peut-être. On est là pendant 2 fois 5 jours du lundi au vendredi. Tous les matins, on va faire des ateliers, on va aller rencontrer les enfants, faire des choses avec eux, les interroger sur certaines questions, leur faire faire des dessins ou des choses qui nous intéressent par rapport au spectacle que l’on est en train d’écrire et les après-midi, on se retrouve. Comme là actuellement pour réfléchir à comment on va créer notre spectacle. Le mercredi, on a toute la journée parce que les enfants ne sont pas là et on se retrouve entre nous.

Que va résumer votre spectacle ?

Sabrina Letondu : Notre spectacle va résumer – effectivement, c’est un très bon mot – le fonctionnement de notre cerveau et essayer de s’interroger sur comment on peut mélanger des connaissances scientifiques avec des connaissances poétiques.

Camille Hamel : Et en fait c’est une question intéressante parce que justement on est en train de se la poser tous les après-midi, enfin dès qu’on n’est plus avec les enfants. Mais comment on va faire ? Donc là avant que vous arriviez on était là : «bon alors comment on va faire pour qu’on comprenne, pour que ce soit poétique», donc on se pose tout le temps la question jusqu’au dernier moment ou presque, jusqu’à la fin de l’écriture du spectacle et des répétitions. Mais en tout cas, on a la thématique, mais comment on va le faire, on y travaille.

Combien de temps faut-il pour faire un spectacle ?

Camille Hamel : Ça dépend des gens, nous on est pas très rapides. On prend plutôt notre temps. On dira que d’habitude c’est plutôt deux-trois ans pour faire un spectacle.

Stéphane Pelliccia : Alors ce n’est pas 2-3 ans tous les jours 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. C’est entre le moment où l’idée elle vient et le moment où la représentation a lieu, il y a 3 ans mais dans ces 3 années-là, il y a aussi de moments où l’on est en tournée avec d’autres spectacles. Ce sont des périodes où l’on se retrouve pour travailler, ce que l’on appelle des résidences. Mais c’est toujours un peu dans nos têtes pendant les 3 années.

Camille Hamel : Et sur 3 années, il y a une idée qui naît mais après il y a toute la machine à mettre en branle pour pouvoir créer un spectacle. C’est-à-dire qu’il y a nous les artistes qui faisons les choses qui créons, mais aussi dans les bureaux, il y a des personnes qui travaillent, qui montent des dossiers pour l’argent, pour qu’on soit payés pour échanger avec des partenaires, des théâtres, donc c’est toute une machine qui se met en place. Donc c’est pour ça aussi que ça prend du temps. Là, c’est un peu spécial. Ce projet-là est né de façon un peu spéciale. Il est né pendant toute la période de pandémie 2020 parce qu’en fait, on ne pouvait plus jouer donc on a continué à aller dans les écoles, à faire un travail dans les écoles et à réfléchir avec les enfants. Il en est sorti des choses. On s’est dit : il faut absolument qu’on en fasse un spectacle. Donc on a fait les choses un peu à l’envers et on s’est dit pour une fois – comme d’habitude on est super lents, en tout cas on prend notre temps – on s’est dit pour une fois on va faire une création éclair.

C’est ce que vous aimez dans ce métier en travaillant et en créant avec les enfants ?

Camille Hamel : La Compagnie Silence et Songe a ce que l’on appelle une ligne artistique, ce que l’on fait quand on travaille en tant qu’artistes, c’est que l’on suit un chemin et la Compagnie Silence et Songe, son chemin est justement un travail autour de l’enfance. Les créations de la compagnie parlent de l’enfance à différents endroits pas de la même façon, différents âges, mais on parle de ça tout le temps. C’est la lame de fond de la Compagnie. Donc être avec des enfants dans les écoles et travailler en médiation avec les enfants. On est à notre place car c’est ce dont on parle.

Stéphane Pelliccia : Ce que je trouve passionnant dans les ateliers que l’on fait, c’est quand on travaille sur un spectacle qui va s’adresser à un certain public, d’être en confrontation avec ce public-là et avoir déjà abordé le sujet dont va parler le spectacle, ça permet de savoir ce qu’elles sont leur référence aussi tout simplement, découvrir que tous les enfants de cette génération là, ils ont vu tel film et tel film donc ils ont des images déjà en tête quand on parle de tel sujet et du coup, quand on écrit, on a cette information-là en tête. On sait qu’on va pouvoir parler de certaines choses dont ils vont être au courant, d’autres qu’ils ne sauront pas. C’est important d’être en lien avec eux de savoir où ils en sont.

Les élèves de 6eF du collège Gisèle Guillemot de Mondeville