Sébastien Lelong, maire délégué de la commune de Beaumont-Hague âgé de 44 ans, située au nord de la Manche, est un élu de terrain, proche des gens.
Qu’est-ce qui vous a amené à vous engager localement comme « maire délégué » de Beaumont-Hague ?
Je suis natif de Beaumont-Hague ; à côté de mon travail de maire, je travaille à Orano. Cela fait 15 ans que j’habite dans la maison que j’ai faite construire. J’ai longtemps été membre du comité des fêtes.
Quand j’étais plus jeune, je ne me voyais pas être maire, mais j’ai toujours été intéressé par la politique nationale, j’aimais assister au dépouillement.
Qu’est-ce qui vous motive aujourd’hui dans la fonction d’élu local ?
Ce qui me motive dans la fonction d’élu, c’est quand on aide à résoudre les problèmes du quotidien (deuil, logement…). J’y consacre beaucoup de temps, mais je veux continuer à garder le contact, je ne veux pas que tout se fasse par mail.
Parmi les projets en cours ou à venir, quels sont ceux qui vous tiennent le plus à cœur ?
Le projet en cours qui me tient le plus à cœur est celui de la réhabilitation de l’école primaire, j’ai suivi toutes les étapes, elle a été inaugurée en 2021. Il y a aussi la création de la nouvelle crèche qui permet d’accueillir plus d’enfants ; la maison des associations est un accueil pour les associations qui s’y trouvent et qui le font vivre. Le skate-park vient d’être finalisé sur le plan administratif. C’est un collectif qui a permis de le créer, avec des contraintes, depuis 2 ans. Il va sortir en 2026 à Beaumont-Hague car il est plus centralisé que les autres petites communes, surtout avec le collège. Il sera devant la piscine.
Concernant la Maison des associations : pourquoi ce lieu, quels usages envisagez-vous ? Quels bénéfices pour les habitants ?
C’est dans la mairie car on a déjà les locaux, donc on les utilise. De plus, ils s’y prêtent, c’est moins coûteux, et comme Beaumont-Hague est au centre de la commune nouvelle de La Hague, cela permet de faciliter le regroupement. On l’utilise pour faire un accueil pour les associations qui s’y trouvent et qui le font vivre, ils vont gérer leur matériel. L’installation est déjà en cours alors que tout n’est pas prêt, il y a des actions de support qui sont réalisées.
La traditionnelle Fête de la Madeleine a une forte valeur patrimoniale et historique. Quelles sont vos propositions pour la préserver ou la relancer ?
On est nombreux à y être attachés, elle est tenue par des bénévoles, ce qui rend son maintien difficile avec la crise de bénévolat. Mais elle reste un héritage historique et patrimonial. La mairie ne peut pas le faire elle-même, mais elle la soutient beaucoup. À un moment, les commerçants l’ont organisée, puis les habitants se sont motivés et ont pris le relais. La mairie investit 20 000 € dans le feu d’artifice.
Comment les habitants sont-ils consultés dans les décisions locales ?
Les habitants peuvent être consultés avec les réunions publiques, de proximité, dans lesquelles ils disent ce qu’ils veulent, ce qui ne va pas. Elles permettent de voir la maire de La Hague.
Dans la Hague, le nucléaire est important mais il faut imposer des limites.
Quels sont selon vous les principaux défis auxquels fait face Beaumont-Hague ?
L’un des défis de Beaumont-Hague est le vieillissement de sa population, c’est pourquoi il y a de nombreux logements sociaux qui accueillent de nouvelles familles, qui font vivre les écoles. Le Cap Cotentin est top pour les jeunes et les aînés.
Le plus grand défi vient des projets industriels d’Orano, car même si c’est une opportunité de développement, il faut savoir se faire entendre par eux. Le nucléaire est important, mais il faut imposer des limites.
Que faites-vous en matière d’environnement, de gestion de l’énergie, d’adaptation au changement climatique dans le territoire ?
Dans l’environnement, on fait ce que l’on appelle une “légation », c’est-à-dire une gestion globale des espaces verts et des ressources par la commune. Les espaces verts sont appelés zones et sont classés en trois catégories : celles que l’on tond régulièrement, celles tondues occasionnellement, et celles tondues une fois par an, juste pour montrer qu’elles ne sont pas à l’abandon. Le désherbage se fait uniquement à la main ou avec des machines, sans aucun produit chimique, on n’utilise plus de désherbants (glyphosate) lourd. On gère les espaces verts, on limite les plantes avec arrosage. Il y a un agent qui gère le flux, notamment celui du chauffage en hiver ; on cherche à faire des économies dans l’école et la crèche rénovée. On doit faire des travaux dans les zones inondables. Depuis 2022, il y a des incendies, des sécheresses que l’on n’attendait pas. On a un agent dédié à ça.
Quel a été l’un des moments les plus difficiles dans votre mandat, et comment l’avez-vous surmonté ? Et quel a été le meilleur ?
Les plus difficiles sont les moments des décès. On n’est pas formé pour ça, et on n’y est pas insensible, c’est dur de prendre du recul. A l’opposé, les meilleurs moments sont les mariages, ce sont des moments de joie, surtout quand on connaît les gens, qu’ils sont actifs dans la commune. J’ai déjà fait un mariage homosexuel, c’est une chance car c’est le premier de la région, et ça reste rare, c’est une preuve de liberté. On a aussi eu un accouchement dans la commune, et pas à l’hôpital, on a été pris au dépourvus, c’est la première depuis 2008.
Propos recueillis par Wendy Poirier
