Petits Formats
N° 59 – Juin 2026

Les petites infos normandes que vous avez peut-être manquées ce mois-ci

Cagnotte détournée, Normandy Memory, bulot et canicule…

Bonjour à toutes et à tous,

À peine sortis des vagues de chaleur d’un printemps « le plus chaud jamais enregistré » depuis 1900 d’après Météo France, que l’on nous promet pour cet été « un scénario plus chaud que la normale sur l’Europe de l’Ouest. »

Le réchauffement de la planète s’accélère encore, le petit bulot normand souffre dans une mer devenue trop chaude, comme nous le raconte Guy Pichard, dans le nouveau long-format, embarqué lors d’une pêche de nuit au large de Granville.

Et dans le bocage ornais, des citoyens s’opposent à des projets nuisibles qui contribuent au réchauffement climatique.

Voilà quelques-unes des infos que vous trouverez dans cette newsletter…

Bonne lecture !


Simon, Marylène, Pierre et Joanne

Les petites dépêches

Normandy Memory ~ Au cœur d’une polémique entre historiens et associations liées au tourisme mémoriel, le projet de spectacle vivant sur les événements de l’été 1944 devrait ouvrir en 2028 à Colombelles, sur l’ancienne friche du Plateau, à côté du Grand réfrigérant et du futur Hermès. Il occupera un bâtiment de 1 000 m² qui a servi de Grand Palais éphémère des JO de Paris 2024. La société Hommage aux héros, qui porte le projet, prévoit un budget de 90 M€. Elle organise une concertation préalable, du 15 juin au 10 juillet, via un site internet. Des réunions publiques seront également organisées dont la première a lieu le 16 juin à Colombelles (18 h au Stade Hidalgo)

Favoritisme au Havre ~ Le Parquet national financier a ouvert une enquête sur l’ex-Premier ministre Édouard Philippe pour « détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêt et concussion » au Havre, la ville dont il est maire. Après une première enquête en 2023, une lanceuse d’alerte a déposé plainte en juin 2025 contre Édouard Philippe, son adjointe à la communauté urbaine, Stéphanie de Bazelaire, et la directrice générale des services. Les soupçons concernent une convention pour l’animation de la Cité numérique du Havre signée par Édouard Philippe et Stéphanie de Bazelaire, en tant que présidente de l’association LH French Tech. C’est cette association qui a été désignée pour cette mission. Fait inédit, selon la Maison des lanceurs d’alerte, Édouard Philippe a engagé un recours pour faire annuler l’avis du Défenseur des droits reconnaissant le statut de lanceuse d’alerte de la signalante.

Conditions de détention ~ Une juge d’application des peines du tribunal d’Alençon a ordonné à la prison de Condé-sur-Sarthe de « mettre fin à l’indignité des conditions de détention » de Rédoine Faïd, un braqueur incarcéré dans cette prison depuis le 21 août 2025. Après douze ans d’isolement, il a été remis en détention ordinaire, mais son avocate dénonce un « isolement déguisé ». « Il ne rencontre personne, sauf les agents et professionnels de santé », relate-t-elle à Ouest-France.

Cagnotte détournée. Accusé d’avoir encaissé une cagnotte destinée aux familles des agents pénitentiaires tués lors de l’évasion de Mohamed Amra au péage d’Incarville en 2024, Jean Messiha, membre du parti Reconquête !, candidat malheureux à la mairie d’Évreux, a finalement reversé les 42 000 € aux deux veuves concernées. « Cette reconstitution précipitée des fonds, manifestement intervenue sous la pression de la couverture médiatique très significative de la plainte déposée, achève de signer l’absolu cynisme de cet individu », réagit Matthieu Chirez, l’avocat de Sandrine Moello, qui maintient son action judiciaire – en cours d’analyse au parquet de Paris.

Double peine ~ Dans trois communes de l’agglomération caennaise, à Hérouville, Bellengreville et Biéville-Beuville, le 18 mai, la gendarmerie a démantelé un trafic de drogue. Huit personnes ont été interpellées. En réponse, le maire MoDem d’Hérouville, Rodolphe Thomas veut appliquer la convention « tranquillité résidentielle » afin de pouvoir expulser du parc social les familles « dont les membres auront été condamnés pour des faits graves de trafic de stupéfiants ou de violences liées à ces trafic ».

Tuberculose bovine ~ Dans l’Orne, huit foyers de tuberculose bovine ont été détectés depuis octobre. La commune d’Athis-Val-de-Rouvre est la dernière en date, rapporte France 3. Les éleveurs se sentent mis « sous pression » pour effectuer les prophylaxies, des tests pour déterminer si un bovin est positif ou négatif à la tuberculose. Les cas suspects de bovins sont abattus. C’est seulement lors de l’autopsie qu’il est possible de savoir si l’animal est porteur ou non. La législation européenne impose à la France de ne pas dépasser les « 100 foyers », a indiqué Yvan Burel, président des Groupements de Défense Sanitaire de l’Orne.

Toujours pas de politique à Alençon ~ La 43e édition du festival « Ici et ailleurs » prévu le 14 juin a été annulée en conseil municipal le 12 mai sur fond de désaccords entre la municipalité et quatre associations participantes, La Cimade, l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), Solidarité durable avec les réfugiés (SDR) et le Mouvement de la Paix. Interrogée par l’opposition, la maire d’Alençon, Sophie Douvry, s’est défendue : « Nous n’avons jamais dit que nous ne voulions pas de ces associations. On a demandé qu’il n’y ait pas de tract et de pétition politique le jour de l’évènement. »

Nouveau long-format

En baie de Granville, le bulot menacé par le réchauffement climatique

Espèce emblématique de la pêche normande, le bulot semble condamner à disparaître avec le réchauffement climatique. Pas résignés, pêcheurs et scientifiques se sont alliés pour tenter de sauver la filière et mieux connaître le gastéropode, qui fait figure de symbole de la montée en température de la Manche.

Décryptage

Canicule • Records de température en mai

La dernière semaine de mai a été marquée par de fortes chaleurs précoces. Les départements du Calvados, de la Manche et de l’Orne ont enregistré des nouveaux records de températures pour un mois de mai.

33,6°C à Coutances, plus de 35°C à Gouville-sur-Mer, le lundi de Pentecôte…la chaleur a accablé la Normandie et l’Ouest de la France, fin mai. La cause : un “dôme de chaleur”, une conséquence directe du réchauffement climatique. De nombreux départements ont été placés en vigilance canicule.

Le 25 mai 2026, comme le relève Ouest-France, dans toutes les 56 stations du Calvados, de l’Orne et de la Manche mesurées par Météo France, qui relèvent les températures maximales et minimales, les records pour un mois de mai ont été battus. Dans les jours qui ont suivi, la vague de chaleur a continué de dépasser les 30°C. Par exemple, à Caen, le 28 mai, il a fait 33°C, rapporte Météo France. Avant mai 2026, le précédent record datait du 25 mai 1953 avec 30,4°C.

Selon les travaux du GIEC normand, ces vagues de chaleur vont devenir de plus en plus nombreuses au fil du temps : d’ici 2100, la température maximale lors d’une canicule pourrait dépasser 40°C partout en Normandie, et même atteindre 50°C dans l’Eure. À la fin du siècle, le nombre de jours de chaleur annuel (supérieur à 25°C) pourrait atteindre 60 à 90 jours, dans les secteurs les plus éloignés de la mer, soit autant que le domaine méditerranéen actuellement.

De l’archipel japonais aux terres normandes, le manga possède ses codes et sa propre histoire, qui s’enrichit à présent avec de nouveaux auteurs qui ne sont plus exclusivement japonais. En Normandie, Victor Dermo et Tiers se sont faits leur place dans ce terrain d’expression unique.  

À lire ailleurs

Bétonisation • Chasse au Pigeon dans l’Orne

Le 22 mai, dans le cadre du Printemps des luttes, plusieurs actions avaient lieu en France contre des projets de bétonisation. Reporterre raconte la mobilisation du collectif Stop Carrière dans l’Orne, contre le projet de carrière de granulats du groupe BTP Pigeon à Montreuil-au-Houlme (125 hab). L’entreprise a obtenu à l’été 2025 l’autorisation préfectorale d’exploiter une carrière de 24 hectares, pour une durée de 30 ans.

Extrême droite • Caen ça monte

L’Humanité revient sur les débordements qui ont eu lieu lors du Banquet du Canon français le 18 avril dernier à Caen et s’interroge sur la progression de l’extrême-droite dans une ville où le parti lepéniste a toujours été faible électoralement.