Ce mois-ci, nous avons le plaisir de vous faire découvrir en avant première notre nouvelle bande-dessinée, « Chaud ! », réalisée par Simon Gouin et Hélène Balcer, et qui sera bientôt imprimée. Le projet est aussi décliné en exposition, présentée ce week-end au festival Fêno à Caen et prochainement en tournée dans des lycées de la région.
Dans cette newsletter, nous revenons aussi sur notre dernier grand reportage sur les terres des usines agrochimiques Syngeta et BASF dans l’Eure et sur une enquête historique, toujours en cours, sur les fusillés de l’ancienne Maison d’arrêt de Caen.
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Bonne lecture !
Marylène, Joanne, Pierre et Raphaël
« Leur chimie, nos chimio »
Plus de 10 000 personnes se sont déplacées dans l’Eure, le 3 octobre 2026, à proximité de l’usine de Saint-Pierre-la-Garenne de Syngenta, l’un des quatre géants mondiaux de l’agrochimie, qui produit des pesticides et des semences. Malades du cancer, agriculteur.trice.s, salarié.es et riverain.es des usines ont dénoncé ensemble l’usage des pesticides et leurs conséquences désastreuses sur la santé. Quelques jours plus, tôt, alors que l’usine Syngeta était surveillée par les drones et avait cessé toute activité en vue de la mobilisation, la journaliste Nolwenn Weiler s’était rendue sur ces terres marquées par l’industrie et les pollutions.
Parviendrons-nous à être plus chauds que le climat ?
Partout en Normandie, des associations, des citoyen.ne.s et des collectivités se mobilisent face au réchauffement climatique. Tous peuvent compter sur les rapports des chercheur.euse.s et des expert.e.s du GIEC normand qui explorent les conséquences locales de ces bouleversements.
Avec cette bande-dessinée, partez explorer ces travaux scientifiques et les solutions, parfois déjà mises en œuvre, pour nous adapter et changer de trajectoire.
Fusillés de la prison de Caen • L’enquête se poursuit
C’est une enquête historique non résolue depuis 1944 : le 6 juin, la Gestapo fusille 73 prisonniers de la Maison d’arrêt de Caen. La plupart des victimes avaient été arrêtées quelques mois plus tôt pour faits de résistance. D’abord enterrés sur place, les corps sont exhumés et transportés vers une destination qui demeure encore inconnue. À l’occasion du 80e anniversaire du Débarquement, Emmanuel Macron accepte de réouvrir l’enquête. Une bourse de recherche d’un an est débloquée par le ministère des armées et confiée au chercheur en sciences sociales Pierre Benetti. Sa mission s’est achevée en septembre dernier. Entre temps, la fermeture de la Maison d’arrêt (documentée ici par Grand Format) a permis de reprendre les recherches sur le site. Une première campagne de fouilles, à l’été 2025, a livré plusieurs vestiges, parmi lesquels des verres de lunettes, un embout de jambe de bois, un chapelet, des balles de pistolet et un fragment de crâne humain. Lire à ce sujet un article de Patrimoine Normand.
Fakir • L’écriture comme refuge
C’est l’histoire d’un gamin qui a dû grandir trop vite, violenté par son père, harcelé à l’école. Qui a trouvé refuge dans l’écriture. Et qui revit, aujourd’hui. Ainsi commence l’article de Camille Vandendriessche dans le dernier numéro de Fakir (accès payant). Camille a rencontré Marius, un étudiant en philo de 20 ans, repéré par son professeur de menuiserie en lycée pro, qui a déjà écrit trois nouvelles et romans et en a vingt-trois autres en cours ! Marius raconte son enfance dans une petite ville de campagne, entre Caen et Bayeux, et comment l’écriture l’a sauvé.
Rural • Au cœur de la manif contre les pesticides
Pour le média Rural, la journaliste Isabelle Bordes a embarqué à l’aube à bord d’un bus affrété par les organisateurs de la manifestation du 3 octobre contre les pesticides dans l’Eure. Parmi les 55 passagers et passagères venu·es de Vire et de la Manche, elle raconte les coulisses de la mobilisation, la colère qui gronde mais aussi l’énergie du collectif : C’était fou de danser en chantant “leur chimie, nos chimios”…
Cette newsletter, qui existe grâce aux dons de nos lecteurs, a été écrite par Joanne Lehoux et Marylène Carre. Elle est mise en page par Pierre Hardel, et éditée par le magazine Grand-Format, un projet de l’association Lire la suite. Soutenez nos projets !