Petits Formats
N° 58 – Mai 2026

Les petites infos normandes que vous avez peut-être manquées ce mois-ci

Femmes agricultrices, Tchernobyl, banquet normand et saluts nazis

Bonjour à toutes et à tous,

Dans le rétroviseur de l’actu, ce mois-ci, nous partons à Alençon où deux affaires défraient la chronique : l’ancien maire et député Joaquim Pueyo est accusé de viols par le journaliste de France Inter Frédéric Pommier ; et la nouvelle maire demande à des associations de ne pas participer à un festival, pour éviter d’y faire de la politique.

A part ça, des champignons prélevés en Normandie montrent que l’accident de Tchernobyl continue de laisser des traces dans le sol ; et des femmes s’organisent dans le monde agricole pour concilier leur travail et leur vie personnelle ; et à Caen, pour défendre leurs droits.

Bonne lecture !


Simon, Marylène, Pierre et Joanne

Les petites dépêches

Banquet normand ~ 4 000 personnes ont participé au repas du Canon français, le samedi 18 avril, à Caen. Un événement financé en partie par le milliardaire Pierre-Edouard Stérin, qui se déroule partout en France, et fait régulièrement l’objet de critiques pour ses liens avec l’extrême droite. Dans la soirée, plusieurs témoins ont assisté à des scènes d’injures racistes et des saluts nazis de la part de participants au banquet, dans les rues de Caen. Une journaliste d’Ici Normandie qui a raconté ces délits est victime d’une campagne de cyberharcèlement. Emma Fourreau, eurodéputée et conseillère municipale LFI, a fait un signalement auprès du procureur de la République de Caen, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, pour « provocation à la discrimination, injures publiques, menaces et violences ».

Pas de politique à Alençon ~ Quatre associations d’Alençon sont dans le viseur de la nouvelle maire, Sophie Douvry, qui a fait basculer la ville à droite aux dernières élections. Celle-ci refuse que la Cimade, l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), Solidarité durable avec les réfugiés (SDR) et le Mouvement de la Paix participent, comme c’est le cas chaque année, au festival « Ici et ailleurs », né en 1983 dans le sillage de la Marche pour l’égalité et contre le racisme. « Cette fête est un événement culturel, les messages politiques n’y ont pas leur place », a-t-elle déclaré.

Un député, un livre et des viols ~ Le journaliste de France Inter Frédéric Pommier, originaire de l’Orne, raconte dans son ouvrage « Derrière les arbres», publié le 15 avril dernier, avoir été violé par quatre hommes pendant son enfance. L’un d’entre eux serait l’ancien maire d’Alençon et député de l’Orne, Joaquim Pueyo. Celui qui est toujours conseiller départemental nie les faits et veut porter plainte. Aucune suite judiciaire ne pourra être donnée à ces accusations, le délai de prescription étant dépassé.

Les champignons de Tchernobyl ~ Il y a 40 ans, un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, provoquait une catastrophe locale et une pollution radioactive en Europe. Suite à cet accident, a été créée en Normandie l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro). Fin 2025, l’Acro a lancé une campagne participative de collecte de champignons, pour mesurer les traces de la radioactivité issue de Tchernobyl dans les sols français. 80% des champignons collectés présentent des traces de césium-137, l’élément radioactif issu de Tchernobyl.

Trop de détenus, pas assez de surveillants ~ À l’appel du syndicat UFAP-UNSA des surveillants pénitentiaires, plusieurs prisons françaises ont été bloquées, lundi 27 avril, pour demander des mesures d’urgence contre la surpopulation carcérale et les sous-effectifs. À la maison d’arrêt de Caen-Ifs, ouverte depuis décembre 2023, on compte 800 détenus pour 511 places et il manque 28 surveillants (5 000 en France). Les insultes et violences se multiplient depuis le début de l’année. Le 23 avril, un surveillant a été violemment frappé au visage par un détenu lors de la fermeture de la porte de sa cellule, et transporté à l’hôpital.


Le décryptage

Caen • Des mamans sans papiers se battent pour leurs droits

Depuis la suppression de l’allocation mensuelle de subsistance du Calvados en juin 2024, un collectif de mamans sans papiers se bat pour récupérer leurs droits et préserver le quotidien de leurs enfants. Une première bataille vient d’être gagnée : le tribunal administratif de Caen enjoint au Département de réexaminer les dossiers des familles affectées.

Dans le collectif, ce sont les mères de familles qui se mobilisent : elles se réunissent presque un lundi après-midi sur deux, avant la sortie des classes. Leur objectif ? Préserver un maximum le quotidien de leurs enfants, malgré des nuits au 115 ou un hébergement à l’hôtel. « On tape aux portes pour l’avenir de nos enfants », résume Aïcha. « On veut être autonome », ajoute Sergine, qui souligne leur volonté de trouver un travail pour subvenir aux besoins de la famille. « Ma petite, elle a neuf ans, elle s’est senti mal parce qu’on a pas pu acheter de costume pour le carnaval. »

Dans un quotidien précaire et rempli de complexités administratives, les revendications du collectif sont concrètes : des tickets de tramway pour accompagner les enfants à l’école, la gratuité de la cantine scolaire ou encore la création d’un « chèque activité sport et culture » pour que chaque enfant puisse avoir accès à un loisir en dépit de l’absence de ressources de leurs parents.

À l’agenda

Gazette vivante • Ateliers média en prison : un parloir avec la société

Entre juillet 2025 et janvier 2026, 16 intervenants journalistes, photographes ou professionnels de l’éducation aux médias et à l’information ont mené 48 ateliers auprès d’une cinquantaine de détenus de huit établissements pénitentiaires de Normandie. Chaque binôme et son groupe de détenus ont produit ensemble des émissions de radio, des documentaires sonores, des films, des journaux, autour d’une thématique commune : la transmission, les racines, les liens. Venez assister à la restitution de ce projet, coordonné par Grand Format à la Bibliothèque Alexis de Tocqueville à Caen, le 7 mai à 17h. Entrée libre.

A voir ailleurs

Pesticides • Votre commune est-elle exposée ?

Reporterre a mis au point un nouveau moteur de recherche pour consulter l’exposition aux pesticides de votre voisinage. 183 substances dangereuses ont été cartographiées sur l’ensemble du territoire métropolitain. Le Calvados, la Seine-Maritime et l’Eure sont les principaux touchés.