Mai 2021

Excellents apprentis, mais pas dans les petits papiers

Raphaël Pasquier (texte), Emmanuel Blivet (photos)

Depuis la grève de la faim d’un boulanger de Besançon, patrons et associations se mobilisent partout en France pour empêcher l’expulsion de jeunes migrants pourtant en voie d’insertion professionnelle. Portrait de trois apprentis normands sur le fil entre embauche et renvoi, et de leurs entourages qui refusent la fatalité.

Ibrahim, 21 ans, est arrivé en France en 2017 avec l’espoir de percer dans le football. Il a très vite abandonné cette idée pour une option plus prometteuse d’intégration : apprendre à travailler le métal. L’apprenti chaudronnier a enchaîné les désillusions administratives, mais son parcours chaotique a été l’occasion de superbes rencontres.

Après avoir fui la Côte d’Ivoire, Amara, 19 ans, est installé en Normandie depuis trois ans. Apprenti maçon, l’avis d’expulsion est arrivé pour lui quelques jours à peine avant qu’il commence son alternance dans une entreprise de BTP à côté de Caen. Il en faut plus pour détruire les espoirs de ce jeune plein de force et de sagesse.

Excellent dans sa formation d’horticulture, engagé au Conseil Régional des Jeunes, apprécié par ses référents à France Terre d’Asile… Amadou, Guinéen de 19 ans, n’a pourtant pas échappé à l’obligation de quitter le territoire. A peine titulaire d’un titre de séjour, il commence à faire des projets malgré une situation encore incertaine.